jeudi 8 octobre 2009
mercredi 16 septembre 2009
New Mexico...?
Les peseros ont été remplacés par des bus sur la grande avenue de Reforma: modernes, propres, confortables, bien moins polluants, bien plus sûrs. Il y a des arrêts bien définis et les chauffeurs sont mieux payés, portent un uniforme. Que demander de plus? C'est bien, il n'y a rien à dire. En terme de modernité, on peut dire que, oui, c'est un vrai "progrès".
Et pourtant.. je me sens un peu comme si je pouvais être n'importe où, aux Etats-Unis ou en Europe... et je ne peux pas m'empêcher de déjà ressentir une nostalgie pour les peseros, qui me faisaient sentir à México plus qu'ailleurs. Leur musique reegetan-cumbia-ballades, les vale-vale (personnes qui crient pour faire monter les gens dans le pesero), les Jesus-Marie-et-autres-saints accrochés au-dessus du chauffeur; certes il n'y avait ni sécurité ni comfort ni propreté, mais il y a avait idéniablement un charme particulier. Le charme d'un monde imparfait et folklorique?
Mais alors, la modernité va-t-elle balayer peu à peu le charme de ce beau pays? et mon pays, la France, comment était-il "avant" la modernité, était-il plus attachant qu'il ne le saura jamais? Mais comment à la fois demander sécurité, comfort, propreté et garder le charme d'un monde imparfait? Une fois que l'on l'a "perfectionné", on regrette (mais c'est trop tard), ce qui faisait le charme de sa ville, de son pays. On l'enlève peu à peu, sans qu'on s'en rende compte, et on change ce qui fait les particularité de son pays, et il finit peu à peu à ressembler de plus en plus aux autres...
Je pense aux puestos, vendeurs de jus, joueurs de musique, clowns, qui peuplent et animent les rues, qui donnent aux rues de México leur vie, leur particularité et leur charme - et je me demande : jusqu'à quand?
Pourtant, je sais bien que la société méxicaine est injuste et que partie de ce "charme" que je mentionne ici est souvent aussi la conséquence des grands déséquilibres et inégalités du système socio-économique du pays.
Peut-être que la capacité d'une société à "bien se moderniser" réside dans sa capacité à permettre à ses habitants de "vivre mieux", non en imitant un modèke venu d'ailleurs, mais en construisant le sien, c'est à dire un modèle qui puisse respecter ce qui fait les particularités (et donc le charme) de sa société? Et même lorsque ces traditions ou particularités ne vont pas dans le même sens que la "modernité" (et souvent le profit) tel qu'il est défini par le voisin? Cette combinaison est-elle vraiement possible? Et si ce l'était, encore faudrait-il qu'elle soit voulue par ceux qui gouvernent et qui contrôlent le pays...
lundi 7 septembre 2009
Beauty au bureau....
Avant d'aller déjeuner, petit tour aux toilettes pour se re-coiffer, se re-maquiller, se regarder tout simplement, au cas ou une petite mèche soit de travers par exemple! Ah, et puis papoter bien entendu.
Au retour: lavage de dents obligatoire (c'est là qu'on sait pourquoi ils disent que les français sont des dégeux...enfin à notre défense les autres européens font de même que je sache!), et puis bien sûr après les dents, c'est re- petit coup de gel, de peigne, de crayon, de rouge à lèvre, et toute la panoplie qui y passe, pour ressortir impécable pour une nouvelle journée.
Bref, si vous voulez tout savoir, oui je me lave les dents au bureau maintenant!
jeudi 16 juillet 2009
Deux mexicaines, deux mondes
Elle ne mesure pas plus d'un mètre cinquante, un peu forte, trapue, elle avance à petits pas. Sa chevelure couleur charbon, aux reflets bleuttés, est bien tirée en arrière en une natte serrée qui parcoure toute la hauteur de son dos. Elle porte un chemisier blanc traditionnel brodé de couleurs vives et une jupe noire à mi-mollets. Au bras, un grand panier de paille en guise de sac. Sa demarche est lente et le regard dirigé vers le sol, lui donnant une allure humble et timide, voire enfantine, elle qui est pourtant une femme mûre.
Je croise ces deux femmes à deux secondes d'intervalles, ces deux mondes, sur le même trottoire de México. Je souris et sais mieux pourquoi il m'est difficile de définir comment est la mexicaine "typique".jeudi 9 juillet 2009
Les bruits de la rue...
Le chant des oiseaux,
Les klaxons,
Les piropos et siflements de ces messieurs,
Les enfants qui crient et rient à la sortie des classes,
La musique du taxi,
Et celle du puesto de tacos,
Et celle du magasin de sacs,
Et celle du vendeur de jus...,
Et le bruit de mes talons sur le trottoire.
mercredi 10 juin 2009
"Bajo Juarez", La cuidad devorando a sus hijas

"Frida et Diego", de J.M.G. Le Clézio

"Diego et Frida" de J.M.G. Le Clézio vous plonge dans la vie de Diego Rivera, et donc inévitablement aussi dans celle de Frida Khalo, la grande femme de sa vie.
En visitant leur maison de Coyoacan pour la nième fois, je ne pouvais plus résister à l'envie d'en savoir plus sur leurs vies. Savoir et tenter de comprendre. Comprendre ce qui fait de ces deux personnages de si grands symboles pour le Mexique.
Le Clézio sait nous plonger dans les réalité du México d'alors, d'un Mexique changeant, et dans les profondeurs et sentiments (souvent agités) de ces deux grands personnages. De leur rencontre, peu commune, comme le sera le reste de leurs vies. Révolutionnaires, artistes, toujours engagés; tour à tour applaudis ou blamés, heureux ou souffrants, populaires chez eux ou immigrés ailleurs. De México à New York, en passant par Paris, San Francisco ou Detroit, Frida et Diego vivent en première ligne les révolutions artisitques et politques de leur pays et de leur temps; des révolutions intimes aussi. Chacun à sa façon - Frida dans l'intimité, Diego en plein jour -marquera son temps et ce pays qu'ils chérissent tant, le Mexique. Il les marqueront de leur foie en la Revolution, de leur art, de leur charisme, de leur force. De ses souffrances aussi pour Frida, de son ambition pour Diego. De leur amour enfin.
Je ne vous en dirais pas plus. Juste un conseil: lisez-le!
lundi 1 juin 2009
Le bus: même pas peur!

Quand on est un habitant de Mexico, on a des milliers d'occasions de monter dans un "micro", ces petite camionette peintes en vert et blanc, qui circulent par milliers dans la capitale. La camionette s'arrête pour vous prendre quand vous levez le bras, et on s'entasse jusqu'à ce que le dernier millimètre soit occupé. Aux heures de pointe, debout, on se serre contre son voisin en espérant qu'il n'a pas eu trop chaud dans la journée; ceux assis ne sont pas forcément les plus chanceux, puisqu'ils ont presque les sacs des autres sur les genoux...Mais on s'accomode comme on peut, et pour la modique somme de 3 pesos* on fait de 400 mètres à 5 ou 6 kms, parfois un peu plus. Mais si on veut aller beaucoup plus loin, il faudra changer et en prendre un autre.
On monte donc, et et ce jour là, sur la vitre, tout passager peut lire en gros caractère: "SI NO REGRESO A CASA ESTA NOCHE, NO TE PREOCUPES, ES QUE ESTOY CON JESUS" ("si je ne rentre pas ce soir à la maison, ne t'inquiètes pas, c'est que je suis avec Jésus). Et le fameux Jésus est là aussi, placardé con la vitre, avec sa tête d'ange, et il vous sourit. On sait plus trop si on doit rire ou pleurer, alors on rit en se disant: "Pas cher le billet pour le paradis!"
* soit 0,15 euros et même pour ici on ne peut pas acheter grand chose avec ça!
Un bidonville... c'est Paris ou Mexico?
On est passé en moins d'une minute, et voilà à peu près ce que l'on voit depuis la vitre du train. Je reste médusée, et c'est un mélange d'étonnement, de tristesse et de colère qu'a déclenché en moi par ce que je viens de voir. On pourrait être dans une banlieue pauvre (pour ne pas dire un bidonville) de Mexico, à Tepito ou ailleurs. Mais non, nous sommes en banlieue parisienne, et le train dans lequel je suis montée ce matin là est bien l'Eurostar qui relie Paris à Londres. Il faut croire que, même si elle est plus cachée, la misère est là quand même.
vendredi 20 mars 2009
Derrière le mur, la maison
Je sonne - je vais donner un cours de français. La rue, la porte d'entrée, le mur, rien ne laisse présager ce que je vois lorsque l'on vient m'ouvrir. On m'ouvre donc, avec un grand sourire et me laisse entrer. Derrière la porte, une large coure sur laquelle donne une immense maison de type mexicano-coloniale; en bois, avec de grandes terrasses, au rez-de-chaussée comme à l'étage. Les balustrades sont en bois sombre, peintes avec des motifs. Il y a des plantes partout, qui pendent ou qui grimpent, et semblent vouloir envahir les lieux. Les volumes sont immenses, au moins 5m de haut de plafond, mais malgré cela une certaine chaleur se dégage de l'ensemble. Le sol en dalles de terre cuite et le mobilier de type rustique donne un sentiment d'autencité à l'ensemble. Je reste muette de surprise devant la beauté de cette maison - je venais de découvrir un bijou, là, au beau milieu de ce quartier sans prétentions.
mardi 17 mars 2009
L'art de faire de la publicité....
15 ans!
mardi 10 mars 2009
Sarkozy à Mexico: "Honte nationale" titre le quotidien mexicain La Jornada
Pour revenir à nos moutons. La Jornada, quotidien mexicain reconnu, titre donc sans vergogne "Honte nationale". Honte pour la France? Point du tout. Pour l'éditorialiste c'est une honte pour le Mexique d'avoir accépté de discuter (négocier?) une décisison de la justice mexicaine, en mettant en place une commission bilatérale avec la France sur ce cas et d'envisager une extradition (qui impliquerait la possibilité d'annulation de la peine de 60 ans à laquelle elle a été condamnée). Honte pour le pays que de devoir renoncer à sa justice pour les bons vouloirs d'un pays tiers. Honte que le cas fasse l'objet de tellement de révisions et d'attentions quand au Mexique des centaines de prisonniers attendent leur tour pour clamer leur innocence. Honte d'une justice à deux vitesses, l'une pour les mexicains, l'autre pour les étrangers.
Il est bien dommage que ce soit la France qui mette ainsi en déséquilibre la justice d'un pays - non, malheureusement, pour venir dénoncer ses irrégularités ou ses dérives (notamment avec les assasinats de Cuidad Juaréz ou les crimes de soldats réstés impunis), mais uniquement pour faire déculpabiliser ses citoyens.
En tous cas, le président et sa dame avaient apparement besoin d'une préparation dans le luxe pour affronter tout ce périple: rien de moins qu'un week-end estimé à 50,000euros. Aux frais de qui? La question reste entière. De l'Etat mexicain? Celui-ci nie. Du milliardaire mexicain Roberto Hernandez? Mais pouirquoi et en échange de quoi? "Quién save" comment aiment dire les gens ici...chez nous aussi il semble que personne ne veuille vraiement savoir, et dans un autre registre, n'est pas aussi une "honte nationale"?
mercredi 4 mars 2009
Chapeau!
Photos: Vendeur ambulant à San Cristobal de las Casas (Chipas)/ Soirée México DF
Non ce n'est pas un mythe: les mexicains - hors de la capitale! - portent encore beaucoup le chapeau...mais il n'est pas comme dans l'imaginaire occidental, il ressemble plus à un chapeau de cow-boy! Et à nous, il nous va pas mal, non?
On va au sex shop?
Très sérieusement, j' avais remarqué en effet que des gens - hommes et femmes - de toute âge, de toute condition, de tout style sortaient de ces magasins, sans gêne, à tout moment de la journée, dans des rues animées, parfois avec leur dernier achat en main, tandis que d'autres regardaient longuement la vitrine comme on regarde celle pour chaussures avant de faire son choix et rentrer... On trouve d'ailleurs des sex-shops un peu partout, disséminés dans la ville, parfois aux endroits où on les attend le moins (pas loin d'un magasin de jouets pour enfants par exemple!). En parlant autour de moi avec des mexicains j'ai découvert qu'en effet c'était quelque chose de tout à fait commun que d'aller - seul(e), avec son partenaire ou entre amis - au sex-shop; et que peu d'entre eux n'y avaient jamais mis les pieds! Ils disent y aller parfois juste pour rigoler et flâner, dans une ambiance "bon enfant" et puis parfois acheter, pour faire un cadeau ou mettre un peu de piquant dans leur vie sexuelle.. Bon, finalement, pourquoi pas!
Juste un bémol: dommage que la pornographie ne s'arrête pas à ces lieux et soit constamment à la vue de tous (et donc des mineurs aussi) dans les petites échoppes de la rue qui vendent DVDs, cassettes et magasines, dont les images sont loin d'être uniquement suggestives! Pas toujours très agréable quand on est sur la route du travail, après le petit déjeuner!
dimanche 15 février 2009
Le jour du "Niño Jesus"
Photo: Eglise pleine le lundi 02 février 2009, Mexico DF
Le 02 Février dernier les mexicains ont fêté "el dia de la candelaria". La tradition encore la plus suivie par tous les mexicains (même les moins croyants) est que l'on mange des tamales ce jour-là: au travail, chez soi, avec les amis... une sorte de seconde galette des rois! Mais en se promenant dans la ville on voit vite que pour beaucoup de mexicains c'est bien plus que cela: première impression, les églises sont bondées. Il y a des messes partout et toute la journée, et petits et grands s'y pressent. Et dans les bras des fidèles, une autre chose vous interpelle: ils portent des petits enfants...qui se révèlent être des statues du petit Jésus! Ces "bébés" sont habillés, décorés, enrobés dans des couvertures (comme le sont les bébés ici) ou dans de petits berceaux en paille. En se dirigeant au marché populaire de la Merced on découvre qu'en effet chacun vient acheter, réparer ou décorer son petit Jésus; les magasins regorgent de gens et de petits statuettes. Le visage de l'enfant est presque féminin avec ses grands cils, ses bonnes joues roses.. Il porte parfois uniquement un pagne, mais il est le plus souvent vêtu de milles tenues les plus farfelues. Une artiste mexicaine s'est d'ailleurs intéressée au sujet et a présenté une collection de "ninos": l'on apprend que l'aspect de la statue varie selon les régions, mais aussi selon les époques. On trouve ainsi dans les plus "modernes", les ninos medicos pour demander la guérison, les ninos futbolistas (footballeurs) pour la victoire, les ninos profesores pour l'obtention d'un dipôme.
Au delà de l'intérêt certain d'une artite pour une fête populaire de son pays, je trouve que c'est intéressant aussi de voir comment une (petite) partie des mexicains se trouvent être observateurs - et non plus acteurs - de ces traditions, qui font partie de la culture populaire mais qui semblent s'évaporer dès que le mexicain atteind un certain niveau de la classe moyenne. J'ai observé ce phénomène dans beaucoup d'autres célébrations populaires (par exemple à la Toussaint lorsque les familles vont déjeuner sur les tombeaux de leurs défunts); et il est amusant et intérressant de voir que tous les Mexicains considèrent ces événements comme entièrement partie de leur culture, alors même lorsqu'ils n'y prennent plus part. Je me suis demandée - et si demain tous les mexicains arrêtaient de croire et de célébrer? Peut-être alors le Mexique perdrait un peu de son charme, de son exotisme et ressemblerait plus à nos pays - où la liberté, la place de l'individu et la démocratie ont effacé peu à peu croyances, mysticisme et traditions; serait-ce donc un passage inévitable dans l'évolution de nos sociétés modernes?
mercredi 28 janvier 2009
Belinda, la starlette fait son show!
Photos: Arrivée de Belinda / Belinda cachée par les journalistes
"San Judita", idôle fêtée tous les 28
Photos de gauche à droite: Statues de San Judita d'enfants de la fondation / Foule devant l'église le 28/01/09
San Judas Tadeo, chaleureusement surnommé "San Judita". Jamais entendu parler? Pourtant ici au Mexique il a des milliers de fidèles et est l'un des saints les plus populaires; du fait des nombreux miracles qui lui sont attribués. Chaque 28 du mois, les centaines (des milliers?) de fervents fidèles viennent se recueillir dans l'église de San Judita, qui se trouve juste en face de la fondation où je travaille. Déjà dans le métro on croise une foule facilement reconnaissable: les gens portent de grandes statues du saint dans leurs bras et sont couverts de chapelets, bracelets et autres pendentifs aux insignes religieux... Ils sont le plus souvent en groupe, en famille ou entre amis. Et encore une fois, le plus surprenant c'est qu'il y a vraiment de tous les âges: des jeunes mamans avec leurs bébés aux bandes d'adolescents de 14-15 ans habillés à la dernière mode (mexicaine), de la grand-mère aux couple de la quarantaine! Enfin, comme de coutume ici, la religion se mêle allègrement et sans complexe à la fête, au "kitch" et, voire, à ce que nous européens appellerions "fétichisme". Des centaines de petits stands s'installent autour de l'église et offrent chapelets, statues, bougies, croix, mais aussi jus de fruits, pâtisseries, tacos, tamales, CDs, musique.... Ainsi va et vient un flux continu de fidèles du petit matin jusqu'à tard dans la nuit. Et ce n'est pas pour rire qu'ils viennent: dans l'église très nombreux sont ceux qui font le trajet de la porte à l'autel à genoux...avec les enfants dans les bras quand ils en ont! Apparemment les mexicains viennent surtout demander à leur saint de l'aide pour leur logement et leur emploi...malheureusement avec la situation économique qui s'annonce au Mexique l'année 2009 risque d'être difficile pour le cher San Judita!
dimanche 25 janvier 2009
Pétrôle, Pemex et cie
Photo: affichage sur l' Av. Alvaro Obregon, dans mon quartier
"Privatiser, c'est coloniser. Défendre Pemex, c'est défendre le Mexique"
Au Mexique, le secteur pétrolier a été nationalisé en 1938. Ici le caractère "public" de la companie pétrolière Pemex reste un sujet très sensible, et qui du coup fait parfois l'objet de slogans un peu extrêmes (voire populistes?) - comme le montre la photo ci-dessus.
Sur ce sujet, voici un extrait d'un article de la Mission Economique de Mexico qui, je trouve, résume bien la dernière loi importante approuvée dans ce secteur: "Le 28 octobre dernier, à l’issue de sept mois d’intenses débats a été approuvée par le Congrès la loi de réforme du secteur énergique proposée par le Président Calderón en avril, qui visait à relancer une production déclinante en autorisant la compagnie pétrolière d’Etat Pemex à s’associer à des sociétés privées. Le texte finalement adopté est moins ambitieux que la proposition initiale, puisqu’il accorde une autonomie financière à Pemex, mais interdit toute participation privée dans les activités d’exploration, de production, de raffinage, de distribution et de stockage."
Pour voir fiche complète sur la situation économique et financière du Mexique au 31/10/09: http://www.missioneco.org/Mexique/documents_new.asp?V=1_PDF_148525
Sensorama, l'expérience des sens
Si le concept ne s'est pas encore arrivé en Europe, il serait temps de l'exporter, je suis sûre que les adeptes seraient nombreux! En attendant, pour ceux qui ont la chance de vivre au Mexique je leur recommande fortement. Pour en savoir plus: http://www.sensorama.com.mx/
lundi 19 janvier 2009
"Je suis seul, je suis tout seul!"

Le premier jeune qui commence à parler est l'un des "caïds" du centre; mais là, fini les caïds, les apparences, les "forts vs faibles"; là chacun redevient le jeune souffrant qui est arrivé ici pour demander de l'aide. Il dit que beaucoup de gens lui ont fait du mal, mais à qui en veut-il? A son oncle, source des violences familiales, que tous craignaient et qui frappait si souvent, si fort et a gâché son enfance et celle de ses frères (tous à la fondation). Il a les yeux qui brillent, et le visage d'un petit garçon... lui qui est si souvent violent avec ses camarades. Après de courtes paroles de l’animateur, les jeunes qui le souhaitent lui adressent des mots de réconfort, qui sont souvent très émouvants.
Se lance alors le grand fan de foot, un jeune calme et très sympathique. Son histoire : lui aussi a beaucoup souffert (maltraitance, coups, humiliations…) chez ses oncles chez qui il a vécu après la mort de ses parents quand il était encore tout petit ; mais c’est contre son grand frère qu’il éprouve tant de colère ! Sa voix tremble. Ce frère aîné qui l’a abandonné depuis toujours et dont il n’a même plus de nouvelles depuis 4 ans…les larmes coulent sur son visage - et sur le mien aussi. Ce frère a qui – malgré tout - il aurait encore envie de dire « je t’aime » et de serrer dans ses bras. Il a du mal à parler, entre les larmes. Il dit qu’il veux réaliser son rêve, prouver à ceux qui l’ont tellement maltraité et enfoncé qu’il peux y arriver, s’en sortir, qu’il vaux mieux que ce qu’ils lui ont toujours dit…Les mouchoirs tournent et, les yeux rougis, ses camarades lui disent que eux sont ses "frères" maintenant; et l’encourage dans ses projets et ses rêves...C'est presque surréaliste cette capacité qu’ils ont entre eux de se consoler dans ces moments là, quand on connait la violence qu’ils peuvent par ailleurs exprimer entre eux.
Le 3ème; il est en pleure presque depuis le début. Arrivé ici il y a quelques jours, c’est sa première séance. Sa voix tremble: « Je ne sais pas ce que j’ai fait à ma maman pour qu’elle me rejette…moi je l’aime...je lui ai dit avant qu’elle meure il y a quelques années…ma famille m’a reproché sa mort…c’est ta faute, disaient-ils…je ne comprend toujours pas pourquoi ils disaient cela ». Il pleure à gros sanglots maintenant, c’est bouleversant. Son camarade à sa gauche le prend par les épaules, alors il continue : « Ils m’ont jeté de chez moi, après la mort de ma mère, comme un malpropre…j’ai vécu dans la rue depuis…rejeté des miens, sans avoir le choix de la rue ou pas » et, soudain sors un mi-sanglot mi-cri profond que je n’oublierais pas avant longtemps : « Je suis seul, je suis tout seul !». Il n'a ni père, ni mère, ni oncle ou tante, il est sans famille ni personne. « J’ai seulement deux amis - mes « frères de la rue » - avec qui j’ai vécu pendant ces dernières années de galère, ce sont les seules personnes dans ma vie.. je me sens si seul…». Il semble inconsolable. La communauté - très émue – lui dit, par des mots simples, qu’elle est là, que maintenant il n’est plus tout seul et des gens sont là pour l’aider, pour qu’il s’en sorte, enfin…Après un moment il se calme mais il dit qu'il a du mal à se sentir mieux, même après avoir parlé.
Le dernier aujourd'hui est un des plus "anciens"; contrairement à la grande majorité ici, il vient d'un milieu plutôt aisé, mais suite à la mort de sa mère, il a été maltraité depuis tout petit par sa belle-mère et sa belle famille, alors que son père était souvent parti en voyages professionnels. Entre autres, il dit et ça me touche: "Ici beaucoup on du mal à comprendre pourquoi je suis parti de chez moi, mais moi je sais que l'argent ne fait rien contre les coups et le manque d'amour". Et aussi, une autre chose courante pour ces jeunes: "J'ai beaucoup de mal à pleurer, la vie m'a rendu dur... j'ai mal, au fond de moi, mais mes yeux restent secs".
Le groupe se prend par la main pour fermer la scéance; puis on fait une chaine de "hugs" en partant de droite vers la gauche; pour symboler que, malgré tous les problèmes, nous ne sommes pas seuls mais au sein d'une communauté qui s'efforce d'être à l'écoute de chacun.
Cet article est un peu long, contrairement à ce que je m'étais promise de faire sur ce blog. Mais il y a des cas comme celui-ci où c'est dur de faire court et synthétique pour rendre compte d'une réalité complexe.vendredi 16 janvier 2009
ART everywhere...
Qui penserait que Mexico respire plus l'art que l'insécurité? Sûrement que la seconde se cache mieux, quand l'art, lui, s'affiche à tous les coins de rue. Et sous toutes ces formes, des plus rudimentaires aux plus complexes, des plus traditionnelles au plus modernes. La musique d'abord, omniprésente, provenant de la rue, des magasins, voitures, bus, restaurants, cantinas, églises.. La scuplture: les statues jalonnant l' avenue de Refoma, places, parcs, centre historique. Les grands musées, qui regorgent des splendeurs du passé; les galleries privées, d'art contemporain. Les librairies et les livres partout: rue, petites librairies, grands centres culturels, musées. L'architecture: des magestueux bâtiments du 18ème aux centres commerciaux ultra modernes, des maisons traditionnelles de couleurs vives aux nouveaux habitats innovants de la Condesa et la Roma. L'artisanat et tant de merveilles faites à la main. Les cinemas. Les théâtres et l'Opéra de Bellas Artes, qui ont peu à envier aux nôtres. La danse qui, en dehors des salles de spectacle, envahit cantinas, boîtes, restaurants mais aussi squares, places, parcs. Et j'en passe. Et enfin, le mélange des genres, si cher aux mexicains: dans des églises coloniales des expositions multimédia, sur le troittoire les plus grands auteurs latinos, au restaurant un théatre. Pour moi, Mexico, c'est aussi tout cela.
(photo: sculpture sur l' Avenida de la Reforma)
Prénoms d'ici et d'ailleurs
dimanche 11 janvier 2009
Museo de Antropologia
"Les peuples trouvent courage et confiance face à l'avenir dans la grandeur de leur passé. Mexicain, contemple toi dans le miroir de cette grandeur. Etranger, prend conscience ici de l'unité de la destinée humaine. Les civilisations passent, mais au sein de l'Homme restera toujours la gloire que d'autres hommes aient lutté pour les batir."
Jaime Torres Bodet
Bici en Reforma
La rosca de los reyes magos
Les reyes sont arrivés le 06 Janvier, à la grande joie de nos ados de la fondation qui ont été forts gâtés. En cette occasion les mexicains partagent une "rosca", grand gâteau qui ressemble à de la brioche et qui a la forme d'une rosace, et qui comporte soit des fruits confis soit du sucre glassé. Chacun doit couper sa propre part. Si il y a aussi des fèves (et même plusieurs!), contrairement à chez nous, personne n'a envie de les avoir! Pourquoi? Parceque ceux qui ont la fève doivent faire des tamales le 02 Février, lors de la fête de la Candelaria!... vous l'aurez compris, tout est bon pour que la fête continue! (photo : partage de la Rosca avec des amis chez moi)
lundi 5 janvier 2009
Baisers mexicanos...
dimanche 4 janvier 2009
Casa Alianza: Petite lumière
"- C'était une belle soirée, hein?" je lui lance
"- Oui, très belle" répond-il avant d' ajouter "et sans drogues"
"- Oui, c'est vrai ...et un jour de plus sans drogues c'est déjà une petite victoire."
"- Oui"
"- Et qu'est ce que ça fait alors?" Como sé siente? "
"- Différent"
"- Hmm... différent... et différent comment?"
Il me regarde de ses yeux noirs et profonds, que je sens serieux et sincères. Il sourit et me dit: "Bien".
vendredi 2 janvier 2009
Veillée du 31, 2008
On dine, on danse, on discute, on fait des jeux..certains jouent au foot, d'autres regardent la TV. Puis vers 23h on allume un grand feu au centre de la coure. Chacun fait chauffer son chamalo. Ils se pressent tous autour de la source de chaleur, entourés de couverture, en cette nuit fraîche de fin d'année. A minuit, tout le monde s'embrasse et se fête la bonne année.. Moments simples et beaux. Ceux que l'on vient aider, entourer, en cette nuit plus spéciale que les autres, sont finalement ceux qui nous réchauffent le coeur, par leurs sourires, leurs rires, leurs yeux qui brillent, leurs mots et leur force de vivre. Merci à eux. Merci à Helène d'avoir été là pour partager ensemble ces beaux moments.
Deuxième partie, en famille avec des amis
Comme souvent ici, les festivités durent jusqu'au bout de la nuit. Vers 2h nous rejoignons donc des amis dans la famille d'une amie. Ambiance familiale et conviviale comme on les retrouve souvent ici. Les cousins sont "Mariachis", musiciens/chanteurs traditionnels, et plein d'énergie! Guitares à la main, ils entraineront toute la salle à chanter jusqu'au petit matin, pour fêter la joie d'être là, petits ou grands, mexicains ou pas. Merci Julieta.