jeudi 8 octobre 2009

Chile et couleurs


mercredi 16 septembre 2009

New Mexico...?

Petit choc: les peseros ont disparu de Reforma! Les fameux et tipiques peseros - ces petites camionettes-bus verts et blancs, privés et qui font office de "transport public" à défaut de métro ou d'un réseau de bus dans la plupart des quartiers de la capitale.

Les peseros ont été remplacés par des bus sur la grande avenue de Reforma: modernes, propres, confortables, bien moins polluants, bien plus sûrs. Il y a des arrêts bien définis et les chauffeurs sont mieux payés, portent un uniforme. Que demander de plus? C'est bien, il n'y a rien à dire. En terme de modernité, on peut dire que, oui, c'est un vrai "progrès".

Et pourtant.. je me sens un peu comme si je pouvais être n'importe où, aux Etats-Unis ou en Europe... et je ne peux pas m'empêcher de déjà ressentir une nostalgie pour les peseros, qui me faisaient sentir à México plus qu'ailleurs. Leur musique reegetan-cumbia-ballades, les vale-vale (personnes qui crient pour faire monter les gens dans le pesero), les Jesus-Marie-et-autres-saints accrochés au-dessus du chauffeur; certes il n'y avait ni sécurité ni comfort ni propreté, mais il y a avait idéniablement un charme particulier. Le charme d'un monde imparfait et folklorique?

Mais alors, la modernité va-t-elle balayer peu à peu le charme de ce beau pays? et mon pays, la France, comment était-il "avant" la modernité, était-il plus attachant qu'il ne le saura jamais? Mais comment à la fois demander sécurité, comfort, propreté et garder le charme d'un monde imparfait? Une fois que l'on l'a "perfectionné", on regrette (mais c'est trop tard), ce qui faisait le charme de sa ville, de son pays. On l'enlève peu à peu, sans qu'on s'en rende compte, et on change ce qui fait les particularité de son pays, et il finit peu à peu à ressembler de plus en plus aux autres...

Je pense aux puestos, vendeurs de jus, joueurs de musique, clowns, qui peuplent et animent les rues, qui donnent aux rues de México leur vie, leur particularité et leur charme - et je me demande : jusqu'à quand?

Pourtant, je sais bien que la société méxicaine est injuste et que partie de ce "charme" que je mentionne ici est souvent aussi la conséquence des grands déséquilibres et inégalités du système socio-économique du pays.

Peut-être que la capacité d'une société à "bien se moderniser" réside dans sa capacité à permettre à ses habitants de "vivre mieux", non en imitant un modèke venu d'ailleurs, mais en construisant le sien, c'est à dire un modèle qui puisse respecter ce qui fait les particularités (et donc le charme) de sa société? Et même lorsque ces traditions ou particularités ne vont pas dans le même sens que la "modernité" (et souvent le profit) tel qu'il est défini par le voisin? Cette combinaison est-elle vraiement possible? Et si ce l'était, encore faudrait-il qu'elle soit voulue par ceux qui gouvernent et qui contrôlent le pays...

lundi 7 septembre 2009

Beauty au bureau....

Au bureau la mexicaine ne fait pas que travailler. Il suffit de se rendre aux toilettes entre 14h et 15h pour s'en rendre compte.

Avant d'aller déjeuner, petit tour aux toilettes pour se re-coiffer, se re-maquiller, se regarder tout simplement, au cas ou une petite mèche soit de travers par exemple! Ah, et puis papoter bien entendu.

Au retour: lavage de dents obligatoire (c'est là qu'on sait pourquoi ils disent que les français sont des dégeux...enfin à notre défense les autres européens font de même que je sache!), et puis bien sûr après les dents, c'est re- petit coup de gel, de peigne, de crayon, de rouge à lèvre, et toute la panoplie qui y passe, pour ressortir impécable pour une nouvelle journée.

Bref, si vous voulez tout savoir, oui je me lave les dents au bureau maintenant!

jeudi 16 juillet 2009

Deux mexicaines, deux mondes

Elle est sortie d'une superbe BMW blanche; d'un revers de main elle a abaissé ses grosses lunettes (Gucci?). Elle marche un peu comme un mannequin, sa taille 40 et son mètre soixante-dix (soit grande et mince pour ici). Grande chelevure brune lachée au vent, manicure impécable, jean serré et rondeurs "là ou il faut", petit sac assorti aux chaussures. Jeune, sûre d'elle, féminine à souhait, elle se dirige d'un pas assuré vers le distingué vendeur de glaces du coin de la rue.

Elle ne mesure pas plus d'un mètre cinquante, un peu forte, trapue, elle avance à petits pas. Sa chevelure couleur charbon, aux reflets bleuttés, est bien tirée en arrière en une natte serrée qui parcoure toute la hauteur de son dos. Elle porte un chemisier blanc traditionnel brodé de couleurs vives et une jupe noire à mi-mollets. Au bras, un grand panier de paille en guise de sac. Sa demarche est lente et le regard dirigé vers le sol, lui donnant une allure humble et timide, voire enfantine, elle qui est pourtant une femme mûre.

Je croise ces deux femmes à deux secondes d'intervalles, ces deux mondes, sur le même trottoire de México. Je souris et sais mieux pourquoi il m'est difficile de définir comment est la mexicaine "typique".

jeudi 9 juillet 2009

Les bruits de la rue...

Le haut-parleur du vendeur de tamales,
Le chant des oiseaux,
Les klaxons,
Les piropos et siflements de ces messieurs,
Les enfants qui crient et rient à la sortie des classes,
La musique du taxi,
Et celle du puesto de tacos,
Et celle du magasin de sacs,
Et celle du vendeur de jus...,
Et le bruit de mes talons sur le trottoire.

mercredi 10 juin 2009

"Bajo Juarez", La cuidad devorando a sus hijas



"Bajo Juarez". Documentaire mexicain de 125min, de Alejandra Sanchez et José Antonio Cordero.

Poignant, désespérant, révoltant. Juarez, ville frontière du nord du Mexique, voisine des Etats-Unis de quelques kilomètres. La ville voit ses femmes et jeunes filles disparaître; les corps battus, violés, torturés sont retrouvés morts. Un, puis deux, puis trois...les organisations en denombrent des centaines (environ 450?) dans la région depuis 2003/04. Les autorités continuent de nier l'existence d'un réseau plus ample, mettant en avant des crimes individuels dont la source viendrait uniquement de violences domestiques. On aimerait les croire. Pourtant journalistes, experts sur le terrain, et familles des victimes nous montrent au cours de ce documentaire bien le contraire. La vérité est encore bien loin des versions officielles actuelles; et se trouverait plutôt derrière des réseaux de pouvoir et de traffic, si bien couverts par l'impunité de la justice mexicaine.

Révoltant donc pour ces femmes et leurs familles. Mais alarmant aussi les témoignages de prisonniers, accusés d'être les meurtriers, qui ont été torturés pour "avouer" des crimes dont ils clament leur innocence (sans être entendus). Il en va ainsi du cousin de la petite Lucia: mettait-il trop de volonté a vouloir trouver les auteurs du crime? La police, incapable de trouver d'autres pistes, est venue le chercher et l'accuser sans preuves du meutre de la jeune femme; aujourd'hui il est en prison, rendant doublement douloureuse l'épreuve pour cette famille simple du nord du pays, en espérant qu'un jour justice soit faite.
Un documentaire poignant et structuré, qui montre clairement l'impunité qui existe aujourd'hui encore si cruellement au Mexique, et les victimes directes de cette impunité.
Plus d'infos sur le site du film: http://www.bajojuarez.com/

"Frida et Diego", de J.M.G. Le Clézio



"Diego et Frida" de J.M.G. Le Clézio vous plonge dans la vie de Diego Rivera, et donc inévitablement aussi dans celle de Frida Khalo, la grande femme de sa vie.

En visitant leur maison de Coyoacan pour la nième fois, je ne pouvais plus résister à l'envie d'en savoir plus sur leurs vies. Savoir et tenter de comprendre. Comprendre ce qui fait de ces deux personnages de si grands symboles pour le Mexique.

Le Clézio sait nous plonger dans les réalité du México d'alors, d'un Mexique changeant, et dans les profondeurs et sentiments (souvent agités) de ces deux grands personnages. De leur rencontre, peu commune, comme le sera le reste de leurs vies. Révolutionnaires, artistes, toujours engagés; tour à tour applaudis ou blamés, heureux ou souffrants, populaires chez eux ou immigrés ailleurs. De México à New York, en passant par Paris, San Francisco ou Detroit, Frida et Diego vivent en première ligne les révolutions artisitques et politques de leur pays et de leur temps; des révolutions intimes aussi. Chacun à sa façon - Frida dans l'intimité, Diego en plein jour -marquera son temps et ce pays qu'ils chérissent tant, le Mexique. Il les marqueront de leur foie en la Revolution, de leur art, de leur charisme, de leur force. De ses souffrances aussi pour Frida, de son ambition pour Diego. De leur amour enfin.

Je ne vous en dirais pas plus. Juste un conseil: lisez-le!

lundi 1 juin 2009

L'induscutable plaisir d'être dans son hamac....


Le bus: même pas peur!



Quand on est un habitant de Mexico, on a des milliers d'occasions de monter dans un "micro", ces petite camionette peintes en vert et blanc, qui circulent par milliers dans la capitale. La camionette s'arrête pour vous prendre quand vous levez le bras, et on s'entasse jusqu'à ce que le dernier millimètre soit occupé. Aux heures de pointe, debout, on se serre contre son voisin en espérant qu'il n'a pas eu trop chaud dans la journée; ceux assis ne sont pas forcément les plus chanceux, puisqu'ils ont presque les sacs des autres sur les genoux...Mais on s'accomode comme on peut, et pour la modique somme de 3 pesos* on fait de 400 mètres à 5 ou 6 kms, parfois un peu plus. Mais si on veut aller beaucoup plus loin, il faudra changer et en prendre un autre.

On monte donc, et et ce jour là, sur la vitre, tout passager peut lire en gros caractère: "SI NO REGRESO A CASA ESTA NOCHE, NO TE PREOCUPES, ES QUE ESTOY CON JESUS" ("si je ne rentre pas ce soir à la maison, ne t'inquiètes pas, c'est que je suis avec Jésus). Et le fameux Jésus est là aussi, placardé con la vitre, avec sa tête d'ange, et il vous sourit. On sait plus trop si on doit rire ou pleurer, alors on rit en se disant: "Pas cher le billet pour le paradis!"

* soit 0,15 euros et même pour ici on ne peut pas acheter grand chose avec ça!

Un bidonville... c'est Paris ou Mexico?

Entre des constructions type HLM, on aperçoit des petis cabanons alignés les uns à coté des autres. Toits en tôle, murs en bois, en carton, ferraille et tout ce que l'on a trouvé pour construire ces logis de misère. Ici pas d'asfalte, la voie est poussiéreuse, en terre, comme l'est aussi certainement le sol des cabanes. Des hommes, assis sur des cageots, forment un cercle au milieu de la ruelle, à l'ombre d'un arbre à proximité des cabanons, et jouent aux cartes. Il y n'y a pas de femmes en vue, ou peu, mais par contre beaucoup d'enfants. Des jeunes garçons jouent au football sur ce qui ressemble plus à un terrain vague qu'à un terrain de jeux.

On est passé en moins d'une minute, et voilà à peu près ce que l'on voit depuis la vitre du train. Je reste médusée, et c'est un mélange d'étonnement, de tristesse et de colère qu'a déclenché en moi par ce que je viens de voir. On pourrait être dans une banlieue pauvre (pour ne pas dire un bidonville) de Mexico, à Tepito ou ailleurs. Mais non, nous sommes en banlieue parisienne, et le train dans lequel je suis montée ce matin là est bien l'Eurostar qui relie Paris à Londres. Il faut croire que, même si elle est plus cachée, la misère est là quand même.

vendredi 20 mars 2009

Derrière le mur, la maison

La rue est calme, seules quelques personnes longent les murs pour rester à l'ombre. Il est midi et il fait bon en cette fin demois de janvier, le soleil brille mais il ne tape pas encore trop fort et l'aire est doux. Des arbres longent la rue, on entend le chant des oiseaux. On se croirait dans une petite ville de campagne. Nous sommes à México, métropole parfois si humaine et inhumaine, si bruyante et paisible, si pleine de contrastes. Avant de tourner au coin et de me retrouver dans cette rue silencieuse, je suis passée devant l'école primaire - toute colorée et d'où l'on entend les cris des enfants dans la coure - des mamans attendaient la sortie pour le déjeuner. Sur le trottoire d'en face un petit stand de rue, jaune vif, entouré de ses clients qui mangent debout ou assis sur de petits tabourets: tacos, quesadillas, gorditas... Un peu plus loin le vendeur de jus de fruits, qui vous prépare de succulent mélanges devant vos yeux avec les fruits frais de son étalage...On entend de la musique, c'est le kiosque à journaux...Une animation de quartier, vivante et paisible. Mais maintenant que j'ai tourné dans la rue calme, il n'y a personne ou presque. Je cherche le numéro 201, les murs le long de la rue sont simples, ni particulièrement propres ni spécialement sales, parfois des bougainvilliers y rampent, on aperçoit parfois de la rue les toits de petites maisons.

Je sonne - je vais donner un cours de français. La rue, la porte d'entrée, le mur, rien ne laisse présager ce que je vois lorsque l'on vient m'ouvrir. On m'ouvre donc, avec un grand sourire et me laisse entrer. Derrière la porte, une large coure sur laquelle donne une immense maison de type mexicano-coloniale; en bois, avec de grandes terrasses, au rez-de-chaussée comme à l'étage. Les balustrades sont en bois sombre, peintes avec des motifs. Il y a des plantes partout, qui pendent ou qui grimpent, et semblent vouloir envahir les lieux. Les volumes sont immenses, au moins 5m de haut de plafond, mais malgré cela une certaine chaleur se dégage de l'ensemble. Le sol en dalles de terre cuite et le mobilier de type rustique donne un sentiment d'autencité à l'ensemble. Je reste muette de surprise devant la beauté de cette maison - je venais de découvrir un bijou, là, au beau milieu de ce quartier sans prétentions.

mardi 17 mars 2009

L'art de faire de la publicité....



Dans une rue de Mexico, une pancarte publicitaire affiche: " CONTROLE DU POIDS AVEC LASER, 100% NATUREL". Publicité mensongère? Humour? A vous de voir! Personnellement elle me fait bien rire quand je passe devant et donc j'avais envie de vous en faire profiter!

15 ans!


Photos: Scéance photo d'une "Quinceaniera" sur la Plaza Madrid, México, Fév-09
Etre une fille et avoir quinze ans au Mexique: ça se fête! Non, ça ne donne ni le droit de vote, ni la majorité, et ce n'est ni l'année du bac et encore moins celui où l'on peut entrer en boîte, boire ou fumer. Alors? Fête très populaire, elle est traditionnellement une présentation de la jeune fille devenue "femme" à la société - et cette coutume reste aujourd'hui encore très prisée au sein des classes moyennes et populaires mexicaines (je me souviens qu'elle l'était aussi au Venezuela et l'est certainement aussi dans bon nombre de pays d'Amérique Latine).
Pour l'occasion, la fêtée revêt une sorte de "robe de mariée", longue, avec froufrous, volants et compagnie, et bien sûr coiffure, bouquet et voire même enfants de coeur! Seules différences avec la mariée: pas de blanc mais du rose au vert, en passant par le mauve, violet ou rouge, il en à pour tous les goûts et de toutes les couleurs! Et aussi: pas de mari - mais le but est de lui en trouver un justement!? Preuve de l'engouement pour cette fête, des boutiques entières se consacrent à la vente de tout l'apparat et il existe de multiples lieux pour faire la fameuse soirée d'anniversaire, qui est l'objet d'une vraie réception, avec banquets, centaines d'invités, boisson et nourriture à foison (les mexicains n'ont pas l'habitude de négliger les buffets!), musique et j'oubliais, le passage à l'église pour la bénédiction! Alors, si même Dieu s'en mêle, les mexicaines ne devraient pas avoir trop de mal à trouver leur prince charmant!

mardi 10 mars 2009

Sarkozy à Mexico: "Honte nationale" titre le quotidien mexicain La Jornada

La semaine dernière la visite de Nicolas Sarkozy à México a fait la une des journaux quotidiens...malheureusement pas forcément comme la diplomatie française l'aurait souhaité (mais peut-être s'en fichent-ils? Ce qui compte c'est le journal de 20h sur TF1, non?). Ici en tous cas les médias et politiques crient au "scandale" à propose du "cas Cassez" (sans jeux de mots). Cette jeune femme française venue au Mexique et qui apparement s'était très bien (trop?) intégrée, puisqu'elle avait même un petit ami (un narco) et s'était mise à pratiquer le sport national du moment (le kidnapping)! Enfin apparement elle le faisait sans s'en rendre compte, ce qui est doublement incroyable, mais bon, on respectera sa volonté et son droit à clamer son innocence.
Pour revenir à nos moutons. La Jornada, quotidien mexicain reconnu, titre donc sans vergogne "Honte nationale". Honte pour la France? Point du tout. Pour l'éditorialiste c'est une honte pour le Mexique d'avoir accépté de discuter (négocier?) une décisison de la justice mexicaine, en mettant en place une commission bilatérale avec la France sur ce cas et d'envisager une extradition (qui impliquerait la possibilité d'annulation de la peine de 60 ans à laquelle elle a été condamnée). Honte pour le pays que de devoir renoncer à sa justice pour les bons vouloirs d'un pays tiers. Honte que le cas fasse l'objet de tellement de révisions et d'attentions quand au Mexique des centaines de prisonniers attendent leur tour pour clamer leur innocence. Honte d'une justice à deux vitesses, l'une pour les mexicains, l'autre pour les étrangers.
Il est bien dommage que ce soit la France qui mette ainsi en déséquilibre la justice d'un pays - non, malheureusement, pour venir dénoncer ses irrégularités ou ses dérives (notamment avec les assasinats de Cuidad Juaréz ou les crimes de soldats réstés impunis), mais uniquement pour faire déculpabiliser ses citoyens.
En tous cas, le président et sa dame avaient apparement besoin d'une préparation dans le luxe pour affronter tout ce périple: rien de moins qu'un week-end estimé à 50,000euros. Aux frais de qui? La question reste entière. De l'Etat mexicain? Celui-ci nie. Du milliardaire mexicain Roberto Hernandez? Mais pouirquoi et en échange de quoi? "Quién save" comment aiment dire les gens ici...chez nous aussi il semble que personne ne veuille vraiement savoir, et dans un autre registre, n'est pas aussi une "honte nationale"?

mercredi 4 mars 2009

Chapeau!


Photos: Vendeur ambulant à San Cristobal de las Casas (Chipas)/ Soirée México DF

Non ce n'est pas un mythe: les mexicains - hors de la capitale! - portent encore beaucoup le chapeau...mais il n'est pas comme dans l'imaginaire occidental, il ressemble plus à un chapeau de cow-boy! Et à nous, il nous va pas mal, non?

On va au sex shop?

Serions-nous donc si coincés, ringards ou "vieux jeu"? ou peut-être seulement hypocrites? ou tout à la fois? ou sont-ils, eux, pervers, bizarres, irresponsables? Je me suis posée cette question quand j ai découvert avec quel naturel les mexicains vont au sex-shop!

Très sérieusement, j' avais remarqué en effet que des gens - hommes et femmes - de toute âge, de toute condition, de tout style sortaient de ces magasins, sans gêne, à tout moment de la journée, dans des rues animées, parfois avec leur dernier achat en main, tandis que d'autres regardaient longuement la vitrine comme on regarde celle pour chaussures avant de faire son choix et rentrer... On trouve d'ailleurs des sex-shops un peu partout, disséminés dans la ville, parfois aux endroits où on les attend le moins (pas loin d'un magasin de jouets pour enfants par exemple!). En parlant autour de moi avec des mexicains j'ai découvert qu'en effet c'était quelque chose de tout à fait commun que d'aller - seul(e), avec son partenaire ou entre amis - au sex-shop; et que peu d'entre eux n'y avaient jamais mis les pieds! Ils disent y aller parfois juste pour rigoler et flâner, dans une ambiance "bon enfant" et puis parfois acheter, pour faire un cadeau ou mettre un peu de piquant dans leur vie sexuelle.. Bon, finalement, pourquoi pas!

Juste un bémol: dommage que la pornographie ne s'arrête pas à ces lieux et soit constamment à la vue de tous (et donc des mineurs aussi) dans les petites échoppes de la rue qui vendent DVDs, cassettes et magasines, dont les images sont loin d'être uniquement suggestives! Pas toujours très agréable quand on est sur la route du travail, après le petit déjeuner!

dimanche 15 février 2009

Le jour du "Niño Jesus"


Photo: Eglise pleine le lundi 02 février 2009, Mexico DF

Le 02 Février dernier les mexicains ont fêté "el dia de la candelaria". La tradition encore la plus suivie par tous les mexicains (même les moins croyants) est que l'on mange des tamales ce jour-là: au travail, chez soi, avec les amis... une sorte de seconde galette des rois! Mais en se promenant dans la ville on voit vite que pour beaucoup de mexicains c'est bien plus que cela: première impression, les églises sont bondées. Il y a des messes partout et toute la journée, et petits et grands s'y pressent. Et dans les bras des fidèles, une autre chose vous interpelle: ils portent des petits enfants...qui se révèlent être des statues du petit Jésus! Ces "bébés" sont habillés, décorés, enrobés dans des couvertures (comme le sont les bébés ici) ou dans de petits berceaux en paille. En se dirigeant au marché populaire de la Merced on découvre qu'en effet chacun vient acheter, réparer ou décorer son petit Jésus; les magasins regorgent de gens et de petits statuettes. Le visage de l'enfant est presque féminin avec ses grands cils, ses bonnes joues roses.. Il porte parfois uniquement un pagne, mais il est le plus souvent vêtu de milles tenues les plus farfelues. Une artiste mexicaine s'est d'ailleurs intéressée au sujet et a présenté une collection de "ninos": l'on apprend que l'aspect de la statue varie selon les régions, mais aussi selon les époques. On trouve ainsi dans les plus "modernes", les ninos medicos pour demander la guérison, les ninos futbolistas (footballeurs) pour la victoire, les ninos profesores pour l'obtention d'un dipôme.
Au delà de l'intérêt certain d'une artite pour une fête populaire de son pays, je trouve que c'est intéressant aussi de voir comment une (petite) partie des mexicains se trouvent être observateurs - et non plus acteurs - de ces traditions, qui font partie de la culture populaire mais qui semblent s'évaporer dès que le mexicain atteind un certain niveau de la classe moyenne. J'ai observé ce phénomène dans beaucoup d'autres célébrations populaires (par exemple à la Toussaint lorsque les familles vont déjeuner sur les tombeaux de leurs défunts); et il est amusant et intérressant de voir que tous les Mexicains considèrent ces événements comme entièrement partie de leur culture, alors même lorsqu'ils n'y prennent plus part. Je me suis demandée - et si demain tous les mexicains arrêtaient de croire et de célébrer? Peut-être alors le Mexique perdrait un peu de son charme, de son exotisme et ressemblerait plus à nos pays - où la liberté, la place de l'individu et la démocratie ont effacé peu à peu croyances, mysticisme et traditions; serait-ce donc un passage inévitable dans l'évolution de nos sociétés modernes?

mercredi 28 janvier 2009

Belinda, la starlette fait son show!


Photos: Arrivée de Belinda / Belinda cachée par les journalistes

Belinda par-ci, Belinda par-là. On me parle d'une chanteuse, petite starlette de 17 ans. On a "de la chance": elle vient nous voir. Avec les enfants donc nous lavons et décorons la salle, préparons une affiche de bienvenue. Tout est prêt vers 17h, les enfants s'assoient tranquillement et attendent. Première surprise: un nombre impressionnant de journalistes vient s'installer dans la salle, ils sont une douzaine, je ne pensais pas que Belinda était aussi connue! Seconde surprise, beaucoup moins amusante: lorsque "Belinda" entre enfin dans la salle, elle est assaillie par les journalistes qui ressemblent à un nuage de mouches qui se collent à elle avec leurs micros, télévisons, appareils photos...les jeunes - comme nous tous - sont un peu étonnés. Surtout lorsque ces chers journalistes ne se poussent pas un instant pour laisser voir la starlette; mais elle ça n'a pas l'aire non plus de trop la déranger puisqu'elle commence à s'adresser aux jeunes... sans même les voir! Elle vient donner "les vêtements qu'elle a porté dans ses concerts" et faire des "besos" aux jeunes sous le feux des caméras. Elle ne chantera même pas une chanson - n'est pas pourtant ce qu'elle savait faire de mieux!? J'aurais peut-être trouvé tout ce cirque juste comique et grotesque si les enfants à qui elle s'adressait n'était pas des ados dans une grande détresse émotionnelle (même s'ils savent le cacher mieux que personne). Du coup, non ce n'est pas seulement grotesque, j'ai trouvé ça triste..voire insultant. Et ça fait réfléchir sur la manière dont les médias - coûte que coûte - traitent l' "information" (enfin, quelle info)!

"San Judita", idôle fêtée tous les 28


Photos de gauche à droite: Statues de San Judita d'enfants de la fondation / Foule devant l'église le 28/01/09

San Judas Tadeo, chaleureusement surnommé "San Judita". Jamais entendu parler? Pourtant ici au Mexique il a des milliers de fidèles et est l'un des saints les plus populaires; du fait des nombreux miracles qui lui sont attribués. Chaque 28 du mois, les centaines (des milliers?) de fervents fidèles viennent se recueillir dans l'église de San Judita, qui se trouve juste en face de la fondation où je travaille. Déjà dans le métro on croise une foule facilement reconnaissable: les gens portent de grandes statues du saint dans leurs bras et sont couverts de chapelets, bracelets et autres pendentifs aux insignes religieux... Ils sont le plus souvent en groupe, en famille ou entre amis. Et encore une fois, le plus surprenant c'est qu'il y a vraiment de tous les âges: des jeunes mamans avec leurs bébés aux bandes d'adolescents de 14-15 ans habillés à la dernière mode (mexicaine), de la grand-mère aux couple de la quarantaine! Enfin, comme de coutume ici, la religion se mêle allègrement et sans complexe à la fête, au "kitch" et, voire, à ce que nous européens appellerions "fétichisme". Des centaines de petits stands s'installent autour de l'église et offrent chapelets, statues, bougies, croix, mais aussi jus de fruits, pâtisseries, tacos, tamales, CDs, musique.... Ainsi va et vient un flux continu de fidèles du petit matin jusqu'à tard dans la nuit. Et ce n'est pas pour rire qu'ils viennent: dans l'église très nombreux sont ceux qui font le trajet de la porte à l'autel à genoux...avec les enfants dans les bras quand ils en ont! Apparemment les mexicains viennent surtout demander à leur saint de l'aide pour leur logement et leur emploi...malheureusement avec la situation économique qui s'annonce au Mexique l'année 2009 risque d'être difficile pour le cher San Judita!

dimanche 25 janvier 2009

Pétrôle, Pemex et cie


Photo: affichage sur l' Av. Alvaro Obregon, dans mon quartier

"Privatiser, c'est coloniser. Défendre Pemex, c'est défendre le Mexique"
Au Mexique, le secteur pétrolier a été nationalisé en 1938. Ici le caractère "public" de la companie pétrolière Pemex reste un sujet très sensible, et qui du coup fait parfois l'objet de slogans un peu extrêmes (voire populistes?) - comme le montre la photo ci-dessus.

Sur ce sujet, voici un extrait d'un article de la Mission Economique de Mexico qui, je trouve, résume bien la dernière loi importante approuvée dans ce secteur: "Le 28 octobre dernier, à l’issue de sept mois d’intenses débats a été approuvée par le Congrès la loi de réforme du secteur énergique proposée par le Président Calderón en avril, qui visait à relancer une production déclinante en autorisant la compagnie pétrolière d’Etat Pemex à s’associer à des sociétés privées. Le texte finalement adopté est moins ambitieux que la proposition initiale, puisqu’il accorde une autonomie financière à Pemex, mais interdit toute participation privée dans les activités d’exploration, de production, de raffinage, de distribution et de stockage."

Pour voir fiche complète sur la situation économique et financière du Mexique au 31/10/09: http://www.missioneco.org/Mexique/documents_new.asp?V=1_PDF_148525

Sensorama, l'expérience des sens

Sensorama? Une expérience unique. Une association d'artistes a développé des scéances "sensorielles", ils proposent des thèmes différents lors de scéances qui durent entre 1h et 4h. Un dimanche après-mid nous nous sommes prêtés à l'experience; le thème: "les quatre éléments". L'idée principale est de réveiller nos sens: pour cela la vue - le sens que nous utilisons le plus souvent, parfois à l'excès, pour percevoir le monde qui nous entoure - est brouillée grâce à des lunettes spéciales. Ainsi, pendant plus d'une heure, nous mettons au travail nos autres sens, ceux que nous laissons trop souvent de côté et qui pourtant peuvent nous faire vivre des sensations fortes et bien différentes de celles de notre quotidien. Un mélange d'art, d'art de vivre, de spiritualité, sensorialité, sensualité.

Si le concept ne s'est pas encore arrivé en Europe, il serait temps de l'exporter, je suis sûre que les adeptes seraient nombreux! En attendant, pour ceux qui ont la chance de vivre au Mexique je leur recommande fortement. Pour en savoir plus: http://www.sensorama.com.mx/

lundi 19 janvier 2009

"Je suis seul, je suis tout seul!"


Séance de psychothérapie de groupe avec les jeunes du centre – elles ont lieu quasiment tous les jeudi. Moments très tristes, très forts, très émouvants. Le thème est toujours le même: "Je ne suis pas seul, ma communauté m'écoute", phrase que le groupe répète ensemble, à haute voix, en début et fin de séance. Les jeunes sont invités à répondre à deux questions: "Qui m'a fait du mal?" et "Contre qui suis-je en colère, et pourquoi?" Sur les 15 ou 20 jeunes présents seuls trois ou quatre parleront à chaque séance. Assis en cercle, autour d'un cierge, solennellement, avec en fond une musique douce pour inciter à la parole. La "communauté" est prête à écouter le jeune qui a tant besoin de se libérer par la parole, les larmes, les pleurs...

Le premier jeune qui commence à parler est l'un des "caïds" du centre; mais là, fini les caïds, les apparences, les "forts vs faibles"; là chacun redevient le jeune souffrant qui est arrivé ici pour demander de l'aide. Il dit que beaucoup de gens lui ont fait du mal, mais à qui en veut-il? A son oncle, source des violences familiales, que tous craignaient et qui frappait si souvent, si fort et a gâché son enfance et celle de ses frères (tous à la fondation). Il a les yeux qui brillent, et le visage d'un petit garçon... lui qui est si souvent violent avec ses camarades. Après de courtes paroles de l’animateur, les jeunes qui le souhaitent lui adressent des mots de réconfort, qui sont souvent très émouvants.

Se lance alors le grand fan de foot, un jeune calme et très sympathique. Son histoire : lui aussi a beaucoup souffert (maltraitance, coups, humiliations…) chez ses oncles chez qui il a vécu après la mort de ses parents quand il était encore tout petit ; mais c’est contre son grand frère qu’il éprouve tant de colère ! Sa voix tremble. Ce frère aîné qui l’a abandonné depuis toujours et dont il n’a même plus de nouvelles depuis 4 ans…les larmes coulent sur son visage - et sur le mien aussi. Ce frère a qui – malgré tout - il aurait encore envie de dire « je t’aime » et de serrer dans ses bras. Il a du mal à parler, entre les larmes. Il dit qu’il veux réaliser son rêve, prouver à ceux qui l’ont tellement maltraité et enfoncé qu’il peux y arriver, s’en sortir, qu’il vaux mieux que ce qu’ils lui ont toujours dit…Les mouchoirs tournent et, les yeux rougis, ses camarades lui disent que eux sont ses "frères" maintenant; et l’encourage dans ses projets et ses rêves...C'est presque surréaliste cette capacité qu’ils ont entre eux de se consoler dans ces moments là, quand on connait la violence qu’ils peuvent par ailleurs exprimer entre eux.

Le 3ème; il est en pleure presque depuis le début. Arrivé ici il y a quelques jours, c’est sa première séance. Sa voix tremble: « Je ne sais pas ce que j’ai fait à ma maman pour qu’elle me rejette…moi je l’aime...je lui ai dit avant qu’elle meure il y a quelques années…ma famille m’a reproché sa mort…c’est ta faute, disaient-ils…je ne comprend toujours pas pourquoi ils disaient cela ». Il pleure à gros sanglots maintenant, c’est bouleversant. Son camarade à sa gauche le prend par les épaules, alors il continue : « Ils m’ont jeté de chez moi, après la mort de ma mère, comme un malpropre…j’ai vécu dans la rue depuis…rejeté des miens, sans avoir le choix de la rue ou pas » et, soudain sors un mi-sanglot mi-cri profond que je n’oublierais pas avant longtemps : « Je suis seul, je suis tout seul !». Il n'a ni père, ni mère, ni oncle ou tante, il est sans famille ni personne. « J’ai seulement deux amis - mes « frères de la rue » - avec qui j’ai vécu pendant ces dernières années de galère, ce sont les seules personnes dans ma vie.. je me sens si seul…». Il semble inconsolable. La communauté - très émue – lui dit, par des mots simples, qu’elle est là, que maintenant il n’est plus tout seul et des gens sont là pour l’aider, pour qu’il s’en sorte, enfin…Après un moment il se calme mais il dit qu'il a du mal à se sentir mieux, même après avoir parlé.

Le dernier aujourd'hui est un des plus "anciens"; contrairement à la grande majorité ici, il vient d'un milieu plutôt aisé, mais suite à la mort de sa mère, il a été maltraité depuis tout petit par sa belle-mère et sa belle famille, alors que son père était souvent parti en voyages professionnels. Entre autres, il dit et ça me touche: "Ici beaucoup on du mal à comprendre pourquoi je suis parti de chez moi, mais moi je sais que l'argent ne fait rien contre les coups et le manque d'amour". Et aussi, une autre chose courante pour ces jeunes: "J'ai beaucoup de mal à pleurer, la vie m'a rendu dur... j'ai mal, au fond de moi, mais mes yeux restent secs".

Le groupe se prend par la main pour fermer la scéance; puis on fait une chaine de "hugs" en partant de droite vers la gauche; pour symboler que, malgré tous les problèmes, nous ne sommes pas seuls mais au sein d'une communauté qui s'efforce d'être à l'écoute de chacun.

Cet article est un peu long, contrairement à ce que je m'étais promise de faire sur ce blog. Mais il y a des cas comme celui-ci où c'est dur de faire court et synthétique pour rendre compte d'une réalité complexe.

vendredi 16 janvier 2009

ART everywhere...



Qui penserait que Mexico respire plus l'art que l'insécurité? Sûrement que la seconde se cache mieux, quand l'art, lui, s'affiche à tous les coins de rue. Et sous toutes ces formes, des plus rudimentaires aux plus complexes, des plus traditionnelles au plus modernes. La musique d'abord, omniprésente, provenant de la rue, des magasins, voitures, bus, restaurants, cantinas, églises.. La scuplture: les statues jalonnant l' avenue de Refoma, places, parcs, centre historique. Les grands musées, qui regorgent des splendeurs du passé; les galleries privées, d'art contemporain. Les librairies et les livres partout: rue, petites librairies, grands centres culturels, musées. L'architecture: des magestueux bâtiments du 18ème aux centres commerciaux ultra modernes, des maisons traditionnelles de couleurs vives aux nouveaux habitats innovants de la Condesa et la Roma. L'artisanat et tant de merveilles faites à la main. Les cinemas. Les théâtres et l'Opéra de Bellas Artes, qui ont peu à envier aux nôtres. La danse qui, en dehors des salles de spectacle, envahit cantinas, boîtes, restaurants mais aussi squares, places, parcs. Et j'en passe. Et enfin, le mélange des genres, si cher aux mexicains: dans des églises coloniales des expositions multimédia, sur le troittoire les plus grands auteurs latinos, au restaurant un théatre. Pour moi, Mexico, c'est aussi tout cela.
(photo: sculpture sur l' Avenida de la Reforma)

Prénoms d'ici et d'ailleurs



Tout à l'heure je lisais « Ismael Rodriguez, grand cinéaste mexicain… » et ça m'a rappelé que l’originalité de certains prénoms m’a interpellé, amusé dès mes débuts ici. On retrouve bien sûr les prénoms hispaniques traditionnels que sont Luis, Juan, Jorge, Miguel, José, et tous les dévirés de Maria : Maricela, Mariana, Marisol, Marina, Marisa…Mais on croise aussi bon nombre d’Abraham, Yaïr, Israël, Noé, Jésus, Moises, Angel Miguel, Guadalupe - comme la vierge métisse mexicaine - dites « Lupita », Rosario, Fatima ; des prénoms bibliques qui, sans en avoir l’aire, font entrer la religion en plein dans la vie quotidienne des mexicains et de ceux qui vivent avec eux. Et il y a aussi tous ces prénoms aux sonorités plus lointaines de l’espagnol, parfois français, exotiques ou juste étranges tels que Valérie, Gisèle, Aram, Gaël, Basilio, Saul… Enfin, je n’en ai encore jamais entendu, mais je m'imagine que des prénoms indigènes plus courants dans des régions telles que le Chiapas s’ajoutent à ce tableau.. Un mélange des genres qui, à mes yeux, fait partie du grand métissage mexicain.

dimanche 11 janvier 2009

Un "Botcho" cerca de mi casa

Museo de Antropologia



"Les peuples trouvent courage et confiance face à l'avenir dans la grandeur de leur passé. Mexicain, contemple toi dans le miroir de cette grandeur. Etranger, prend conscience ici de l'unité de la destinée humaine. Les civilisations passent, mais au sein de l'Homme restera toujours la gloire que d'autres hommes aient lutté pour les batir."
Jaime Torres Bodet

Bici en Reforma


A pied, à vélo ou en roller, agréable ballade dominicale sur Réforma des "chilangos" ( surnom donné aux habitants de la capitale), en famille, couples ou entre amis, et de tous les âges.

La rosca de los reyes magos


Les reyes sont arrivés le 06 Janvier, à la grande joie de nos ados de la fondation qui ont été forts gâtés. En cette occasion les mexicains partagent une "rosca", grand gâteau qui ressemble à de la brioche et qui a la forme d'une rosace, et qui comporte soit des fruits confis soit du sucre glassé. Chacun doit couper sa propre part. Si il y a aussi des fèves (et même plusieurs!), contrairement à chez nous, personne n'a envie de les avoir! Pourquoi? Parceque ceux qui ont la fève doivent faire des tamales le 02 Février, lors de la fête de la Candelaria!... vous l'aurez compris, tout est bon pour que la fête continue! (photo : partage de la Rosca avec des amis chez moi)

Casa Alianza


Arts plastiques dans la salle d'activité.


Finale du tournoi de foot au tir au but!

lundi 5 janvier 2009

Baisers mexicanos...

Sans être complètement extravertis, les mexicains sont loin d'être des timides. Et il y a une chose qui continue de me faire beaucoup rire, c'est la façon qu' ont les amoureux de Mexico de s'embrasser en public. Que ce soit dans la foule du metro, au milieu du Zocalo, de Reforma ou à la terrasse d'un restaurant bondé, ils font tout simplement comme si ils étaient seuls au monde et on dirait qu'ils vont s'embrasser jusqu'à l'étouffement! Parfois d'ailleurs les gens autour regardent, amusés, et rigolent. De jeunes ados amoureux? Non non, les couples de 30 ou 40 ans n'échappent pas au phénomène, loin de là, et c'est ça le plus drôle! Enfin, moi je trouve que c'est comique tellement c'est exagéré et ça me fait bien rire. Et encore plus quand je repense à l'Inde, où se donner la main est déjà d'une extrême audace ou à Londres, où croiser des amoureux transis est un presque un défi! Bref, chacun sa culture et ici clairement on fait honneur aux longs baisers baveux.. même en public!

dimanche 4 janvier 2009

Casa Alianza: Petite lumière

On est près du feu le soir du nouvel an, vers 1h du matin. Je parle avec Alberto, un jeune de 17 ans qui vient d'arriver au centre il y a quelques jours à peine. Notre conversation est une de celles qui font que les moments difficiles valent le coup, c'est pour ça que j'avais envie de la raconter ici.
"- C'était une belle soirée, hein?" je lui lance
"- Oui, très belle" répond-il avant d' ajouter "et sans drogues"
"- Oui, c'est vrai ...et un jour de plus sans drogues c'est déjà une petite victoire."
"- Oui"
"- Et qu'est ce que ça fait alors?" Como sé siente? "
"- Différent"
"- Hmm... différent... et différent comment?"
Il me regarde de ses yeux noirs et profonds, que je sens serieux et sincères. Il sourit et me dit: "Bien".

vendredi 2 janvier 2009

Veillée du 31, 2008

Première partie, avec les enfants
On dine, on danse, on discute, on fait des jeux..certains jouent au foot, d'autres regardent la TV. Puis vers 23h on allume un grand feu au centre de la coure. Chacun fait chauffer son chamalo. Ils se pressent tous autour de la source de chaleur, entourés de couverture, en cette nuit fraîche de fin d'année. A minuit, tout le monde s'embrasse et se fête la bonne année.. Moments simples et beaux. Ceux que l'on vient aider, entourer, en cette nuit plus spéciale que les autres, sont finalement ceux qui nous réchauffent le coeur, par leurs sourires, leurs rires, leurs yeux qui brillent, leurs mots et leur force de vivre. Merci à eux. Merci à Helène d'avoir été là pour partager ensemble ces beaux moments.

Deuxième partie, en famille avec des amis
Comme souvent ici, les festivités durent jusqu'au bout de la nuit. Vers 2h nous rejoignons donc des amis dans la famille d'une amie. Ambiance familiale et conviviale comme on les retrouve souvent ici. Les cousins sont "Mariachis", musiciens/chanteurs traditionnels, et plein d'énergie! Guitares à la main, ils entraineront toute la salle à chanter jusqu'au petit matin, pour fêter la joie d'être là, petits ou grands, mexicains ou pas. Merci Julieta.

Pyramides, grandeur des Mayas

Teotihuacan. Le site est immense, désertique, entouré au loin de chaînes de montagnes. Se dressent deux grandes pyramides: celle du Soleil -la plus grande- et celle de la Lune. De cette dernière la vue est la plus belle: on surplombe l'allée des morts (nommée ainsi par les Aztecs qui crurent voir des tombeaux dans l'alignement des temples mayas), impressionante allée de 2km bordée de façon symétrique par des blocs de marches, entréees des temples qui autrefois s'érigaient tout du long de l'axe. A gauche la grande pyramide du Soleil domine le site, majestueuse et en harmonie avec les montagnes du fond du décor. Soleil de plomb, touristes minuscules du haut de la pyramide, horizon dégagé. J'aime cette vue de par la grandeur et la serenité qui s'en dégagent.

Dimanche dans un "pueblo magico"

"Pueblos magicos"... les villages magiques de Mexico, fierté des mexicains. Real del Monte est un de ces pueblos, joli bourg dans l'état d'Hidalgo, près de Pachuca, au nord de Mexico: maisons de toutes les couleurs, rues pavées, place centrale avec son église coloniale, boutiques et cafés aux façades bien soignées, trottoirs remplis de produits artisanaux... Nous nous balladons dans la nuit, à la lumière des lampadaires qui diffusent une lumière jaune et chaleureuse. Le village se situe à plus de 2000 mètres et il fait très froid, on se rechauffe avec un punch brûlant (non-alcoolisé) et au son de la musique qui surgit de chaque recoin, de chaque boutique dans une joyeux brouhaha musical. On finit par se refugier dans une Cantina traditionnelle, avec son bar et sa "boîte musicale", où les gens viennent boire, discuter et jouer aux dominos. Agréable moment dominical loin de la capitale.