vendredi 20 mars 2009

Derrière le mur, la maison

La rue est calme, seules quelques personnes longent les murs pour rester à l'ombre. Il est midi et il fait bon en cette fin demois de janvier, le soleil brille mais il ne tape pas encore trop fort et l'aire est doux. Des arbres longent la rue, on entend le chant des oiseaux. On se croirait dans une petite ville de campagne. Nous sommes à México, métropole parfois si humaine et inhumaine, si bruyante et paisible, si pleine de contrastes. Avant de tourner au coin et de me retrouver dans cette rue silencieuse, je suis passée devant l'école primaire - toute colorée et d'où l'on entend les cris des enfants dans la coure - des mamans attendaient la sortie pour le déjeuner. Sur le trottoire d'en face un petit stand de rue, jaune vif, entouré de ses clients qui mangent debout ou assis sur de petits tabourets: tacos, quesadillas, gorditas... Un peu plus loin le vendeur de jus de fruits, qui vous prépare de succulent mélanges devant vos yeux avec les fruits frais de son étalage...On entend de la musique, c'est le kiosque à journaux...Une animation de quartier, vivante et paisible. Mais maintenant que j'ai tourné dans la rue calme, il n'y a personne ou presque. Je cherche le numéro 201, les murs le long de la rue sont simples, ni particulièrement propres ni spécialement sales, parfois des bougainvilliers y rampent, on aperçoit parfois de la rue les toits de petites maisons.

Je sonne - je vais donner un cours de français. La rue, la porte d'entrée, le mur, rien ne laisse présager ce que je vois lorsque l'on vient m'ouvrir. On m'ouvre donc, avec un grand sourire et me laisse entrer. Derrière la porte, une large coure sur laquelle donne une immense maison de type mexicano-coloniale; en bois, avec de grandes terrasses, au rez-de-chaussée comme à l'étage. Les balustrades sont en bois sombre, peintes avec des motifs. Il y a des plantes partout, qui pendent ou qui grimpent, et semblent vouloir envahir les lieux. Les volumes sont immenses, au moins 5m de haut de plafond, mais malgré cela une certaine chaleur se dégage de l'ensemble. Le sol en dalles de terre cuite et le mobilier de type rustique donne un sentiment d'autencité à l'ensemble. Je reste muette de surprise devant la beauté de cette maison - je venais de découvrir un bijou, là, au beau milieu de ce quartier sans prétentions.

mardi 17 mars 2009

L'art de faire de la publicité....



Dans une rue de Mexico, une pancarte publicitaire affiche: " CONTROLE DU POIDS AVEC LASER, 100% NATUREL". Publicité mensongère? Humour? A vous de voir! Personnellement elle me fait bien rire quand je passe devant et donc j'avais envie de vous en faire profiter!

15 ans!


Photos: Scéance photo d'une "Quinceaniera" sur la Plaza Madrid, México, Fév-09
Etre une fille et avoir quinze ans au Mexique: ça se fête! Non, ça ne donne ni le droit de vote, ni la majorité, et ce n'est ni l'année du bac et encore moins celui où l'on peut entrer en boîte, boire ou fumer. Alors? Fête très populaire, elle est traditionnellement une présentation de la jeune fille devenue "femme" à la société - et cette coutume reste aujourd'hui encore très prisée au sein des classes moyennes et populaires mexicaines (je me souviens qu'elle l'était aussi au Venezuela et l'est certainement aussi dans bon nombre de pays d'Amérique Latine).
Pour l'occasion, la fêtée revêt une sorte de "robe de mariée", longue, avec froufrous, volants et compagnie, et bien sûr coiffure, bouquet et voire même enfants de coeur! Seules différences avec la mariée: pas de blanc mais du rose au vert, en passant par le mauve, violet ou rouge, il en à pour tous les goûts et de toutes les couleurs! Et aussi: pas de mari - mais le but est de lui en trouver un justement!? Preuve de l'engouement pour cette fête, des boutiques entières se consacrent à la vente de tout l'apparat et il existe de multiples lieux pour faire la fameuse soirée d'anniversaire, qui est l'objet d'une vraie réception, avec banquets, centaines d'invités, boisson et nourriture à foison (les mexicains n'ont pas l'habitude de négliger les buffets!), musique et j'oubliais, le passage à l'église pour la bénédiction! Alors, si même Dieu s'en mêle, les mexicaines ne devraient pas avoir trop de mal à trouver leur prince charmant!

mardi 10 mars 2009

Sarkozy à Mexico: "Honte nationale" titre le quotidien mexicain La Jornada

La semaine dernière la visite de Nicolas Sarkozy à México a fait la une des journaux quotidiens...malheureusement pas forcément comme la diplomatie française l'aurait souhaité (mais peut-être s'en fichent-ils? Ce qui compte c'est le journal de 20h sur TF1, non?). Ici en tous cas les médias et politiques crient au "scandale" à propose du "cas Cassez" (sans jeux de mots). Cette jeune femme française venue au Mexique et qui apparement s'était très bien (trop?) intégrée, puisqu'elle avait même un petit ami (un narco) et s'était mise à pratiquer le sport national du moment (le kidnapping)! Enfin apparement elle le faisait sans s'en rendre compte, ce qui est doublement incroyable, mais bon, on respectera sa volonté et son droit à clamer son innocence.
Pour revenir à nos moutons. La Jornada, quotidien mexicain reconnu, titre donc sans vergogne "Honte nationale". Honte pour la France? Point du tout. Pour l'éditorialiste c'est une honte pour le Mexique d'avoir accépté de discuter (négocier?) une décisison de la justice mexicaine, en mettant en place une commission bilatérale avec la France sur ce cas et d'envisager une extradition (qui impliquerait la possibilité d'annulation de la peine de 60 ans à laquelle elle a été condamnée). Honte pour le pays que de devoir renoncer à sa justice pour les bons vouloirs d'un pays tiers. Honte que le cas fasse l'objet de tellement de révisions et d'attentions quand au Mexique des centaines de prisonniers attendent leur tour pour clamer leur innocence. Honte d'une justice à deux vitesses, l'une pour les mexicains, l'autre pour les étrangers.
Il est bien dommage que ce soit la France qui mette ainsi en déséquilibre la justice d'un pays - non, malheureusement, pour venir dénoncer ses irrégularités ou ses dérives (notamment avec les assasinats de Cuidad Juaréz ou les crimes de soldats réstés impunis), mais uniquement pour faire déculpabiliser ses citoyens.
En tous cas, le président et sa dame avaient apparement besoin d'une préparation dans le luxe pour affronter tout ce périple: rien de moins qu'un week-end estimé à 50,000euros. Aux frais de qui? La question reste entière. De l'Etat mexicain? Celui-ci nie. Du milliardaire mexicain Roberto Hernandez? Mais pouirquoi et en échange de quoi? "Quién save" comment aiment dire les gens ici...chez nous aussi il semble que personne ne veuille vraiement savoir, et dans un autre registre, n'est pas aussi une "honte nationale"?

mercredi 4 mars 2009

Chapeau!


Photos: Vendeur ambulant à San Cristobal de las Casas (Chipas)/ Soirée México DF

Non ce n'est pas un mythe: les mexicains - hors de la capitale! - portent encore beaucoup le chapeau...mais il n'est pas comme dans l'imaginaire occidental, il ressemble plus à un chapeau de cow-boy! Et à nous, il nous va pas mal, non?

On va au sex shop?

Serions-nous donc si coincés, ringards ou "vieux jeu"? ou peut-être seulement hypocrites? ou tout à la fois? ou sont-ils, eux, pervers, bizarres, irresponsables? Je me suis posée cette question quand j ai découvert avec quel naturel les mexicains vont au sex-shop!

Très sérieusement, j' avais remarqué en effet que des gens - hommes et femmes - de toute âge, de toute condition, de tout style sortaient de ces magasins, sans gêne, à tout moment de la journée, dans des rues animées, parfois avec leur dernier achat en main, tandis que d'autres regardaient longuement la vitrine comme on regarde celle pour chaussures avant de faire son choix et rentrer... On trouve d'ailleurs des sex-shops un peu partout, disséminés dans la ville, parfois aux endroits où on les attend le moins (pas loin d'un magasin de jouets pour enfants par exemple!). En parlant autour de moi avec des mexicains j'ai découvert qu'en effet c'était quelque chose de tout à fait commun que d'aller - seul(e), avec son partenaire ou entre amis - au sex-shop; et que peu d'entre eux n'y avaient jamais mis les pieds! Ils disent y aller parfois juste pour rigoler et flâner, dans une ambiance "bon enfant" et puis parfois acheter, pour faire un cadeau ou mettre un peu de piquant dans leur vie sexuelle.. Bon, finalement, pourquoi pas!

Juste un bémol: dommage que la pornographie ne s'arrête pas à ces lieux et soit constamment à la vue de tous (et donc des mineurs aussi) dans les petites échoppes de la rue qui vendent DVDs, cassettes et magasines, dont les images sont loin d'être uniquement suggestives! Pas toujours très agréable quand on est sur la route du travail, après le petit déjeuner!