mercredi 16 septembre 2009

New Mexico...?

Petit choc: les peseros ont disparu de Reforma! Les fameux et tipiques peseros - ces petites camionettes-bus verts et blancs, privés et qui font office de "transport public" à défaut de métro ou d'un réseau de bus dans la plupart des quartiers de la capitale.

Les peseros ont été remplacés par des bus sur la grande avenue de Reforma: modernes, propres, confortables, bien moins polluants, bien plus sûrs. Il y a des arrêts bien définis et les chauffeurs sont mieux payés, portent un uniforme. Que demander de plus? C'est bien, il n'y a rien à dire. En terme de modernité, on peut dire que, oui, c'est un vrai "progrès".

Et pourtant.. je me sens un peu comme si je pouvais être n'importe où, aux Etats-Unis ou en Europe... et je ne peux pas m'empêcher de déjà ressentir une nostalgie pour les peseros, qui me faisaient sentir à México plus qu'ailleurs. Leur musique reegetan-cumbia-ballades, les vale-vale (personnes qui crient pour faire monter les gens dans le pesero), les Jesus-Marie-et-autres-saints accrochés au-dessus du chauffeur; certes il n'y avait ni sécurité ni comfort ni propreté, mais il y a avait idéniablement un charme particulier. Le charme d'un monde imparfait et folklorique?

Mais alors, la modernité va-t-elle balayer peu à peu le charme de ce beau pays? et mon pays, la France, comment était-il "avant" la modernité, était-il plus attachant qu'il ne le saura jamais? Mais comment à la fois demander sécurité, comfort, propreté et garder le charme d'un monde imparfait? Une fois que l'on l'a "perfectionné", on regrette (mais c'est trop tard), ce qui faisait le charme de sa ville, de son pays. On l'enlève peu à peu, sans qu'on s'en rende compte, et on change ce qui fait les particularité de son pays, et il finit peu à peu à ressembler de plus en plus aux autres...

Je pense aux puestos, vendeurs de jus, joueurs de musique, clowns, qui peuplent et animent les rues, qui donnent aux rues de México leur vie, leur particularité et leur charme - et je me demande : jusqu'à quand?

Pourtant, je sais bien que la société méxicaine est injuste et que partie de ce "charme" que je mentionne ici est souvent aussi la conséquence des grands déséquilibres et inégalités du système socio-économique du pays.

Peut-être que la capacité d'une société à "bien se moderniser" réside dans sa capacité à permettre à ses habitants de "vivre mieux", non en imitant un modèke venu d'ailleurs, mais en construisant le sien, c'est à dire un modèle qui puisse respecter ce qui fait les particularités (et donc le charme) de sa société? Et même lorsque ces traditions ou particularités ne vont pas dans le même sens que la "modernité" (et souvent le profit) tel qu'il est défini par le voisin? Cette combinaison est-elle vraiement possible? Et si ce l'était, encore faudrait-il qu'elle soit voulue par ceux qui gouvernent et qui contrôlent le pays...

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