jeudi 7 avril 2011
Triche ou pas triche?
Jardin, vins, grande maison, rires, l'aire est doux et ce soir on fête le diplome d'une amie. Au milieu d'une discussion, je leur raconte une histoire qui est arrivé il y a peu à un collègue de bureau: "A l'université, un professeur interpella ses étudiants de Master (entre 25 et 30 ans) sur le houleux sujet de la corruption en la reliant au bien être du pays. Que faut-il faire pour que ce pays aille mieux? Que pensez vous de la classe politique, et sa part de responsabilité dans la situation actuelle?" Il en fallait peu pour déclencher une multitudes de participations - plus ou moins constructives - mais toujours très critiques : "tous pourris", "il n'y a pas de conséquences à leurs actes", "il faut plus de justice pour combattre la corruption", "tous en prisons", "à cause d'eux personne ne croit plus en la politique", et j'en passe... Le professeur, l'aire content du résultat du mini-débat engagé dans sa classe, reprend la parole. "- Et bien! Je suis content de voir que vous êtes tous d'accord sur ce point et qu' il faut des conséquences claires pour ceux qui corrompent le système." Il sort alors de sa sacoche une pile de copies et la pose sur son bureau. Apparement il semble que ce serait les copies de l'examen de fin d'année. Puis, il en fait deux piles. Il attend encore un peu qu'il y ait un parfait silence dans la pièce pour ajouter: "- Et bien, mesdemoiselles, monsieurs, des 52 étudiants ici présents 23 n'auront pas leur année car, comme vous le disiez vous même il y a quelques instants, ils connaîtront ainsi les conséquences de leurs actes. Pour être plus précis, les conséquences d'être un tricheur. " Certains, quand je raconte l'histoire, - ces jeunes gens "bien comme il faut" - rient d'un rire jaune. Apparement ils n'ont pas l'aire de trouver ça tellement drôle et le petit groupe a hâte de passer à un autre sujet.
jeudi 3 mars 2011
Retour...
Après plus d'une année sans écrire, je ressens l'envie de partager à nouveau à travers ce blog mes opinions, mes pensées, mes rêves, mes idées et celles de ceux et celles que je cotoye ici au quotidien.
En créant ce blog en 2008, je voulais pouvoir marquer à jamais les impressiones de mon point de vue encore très extérieur, qui si facilement s'émerveillait ou était surpris par les merveilles de ce beau pays, de ses traditions, de ses croyances, de son folklore quotidien... et m'offusquait aussi devant ses injustices et tragédies.
Je prends conscience que mon regard à certainemet beaucoup changé...je ne saurais dire en quoi exactement, mais je sais que c'est un fait. C'est un peu comme si je ne regardais plus le paysage, mais que en quelque sorte je fais partie du paysage... (non, vous ne vous trompez pas, il n'y a qu'en même pas encore beaucoup de blondes mexicaines comme moi dans le paysage de Mexico!)
N'empêche, je reprend avec plaisir l'écriture pour continuer à partager avec vous sur ma vie d'ici, avec mon nouveau regard toujours bien européen...et tous les jours un peu plus méxicain!
En créant ce blog en 2008, je voulais pouvoir marquer à jamais les impressiones de mon point de vue encore très extérieur, qui si facilement s'émerveillait ou était surpris par les merveilles de ce beau pays, de ses traditions, de ses croyances, de son folklore quotidien... et m'offusquait aussi devant ses injustices et tragédies.
Je prends conscience que mon regard à certainemet beaucoup changé...je ne saurais dire en quoi exactement, mais je sais que c'est un fait. C'est un peu comme si je ne regardais plus le paysage, mais que en quelque sorte je fais partie du paysage... (non, vous ne vous trompez pas, il n'y a qu'en même pas encore beaucoup de blondes mexicaines comme moi dans le paysage de Mexico!)
N'empêche, je reprend avec plaisir l'écriture pour continuer à partager avec vous sur ma vie d'ici, avec mon nouveau regard toujours bien européen...et tous les jours un peu plus méxicain!
jeudi 8 octobre 2009
mercredi 16 septembre 2009
New Mexico...?
Petit choc: les peseros ont disparu de Reforma! Les fameux et tipiques peseros - ces petites camionettes-bus verts et blancs, privés et qui font office de "transport public" à défaut de métro ou d'un réseau de bus dans la plupart des quartiers de la capitale.
Les peseros ont été remplacés par des bus sur la grande avenue de Reforma: modernes, propres, confortables, bien moins polluants, bien plus sûrs. Il y a des arrêts bien définis et les chauffeurs sont mieux payés, portent un uniforme. Que demander de plus? C'est bien, il n'y a rien à dire. En terme de modernité, on peut dire que, oui, c'est un vrai "progrès".
Et pourtant.. je me sens un peu comme si je pouvais être n'importe où, aux Etats-Unis ou en Europe... et je ne peux pas m'empêcher de déjà ressentir une nostalgie pour les peseros, qui me faisaient sentir à México plus qu'ailleurs. Leur musique reegetan-cumbia-ballades, les vale-vale (personnes qui crient pour faire monter les gens dans le pesero), les Jesus-Marie-et-autres-saints accrochés au-dessus du chauffeur; certes il n'y avait ni sécurité ni comfort ni propreté, mais il y a avait idéniablement un charme particulier. Le charme d'un monde imparfait et folklorique?
Mais alors, la modernité va-t-elle balayer peu à peu le charme de ce beau pays? et mon pays, la France, comment était-il "avant" la modernité, était-il plus attachant qu'il ne le saura jamais? Mais comment à la fois demander sécurité, comfort, propreté et garder le charme d'un monde imparfait? Une fois que l'on l'a "perfectionné", on regrette (mais c'est trop tard), ce qui faisait le charme de sa ville, de son pays. On l'enlève peu à peu, sans qu'on s'en rende compte, et on change ce qui fait les particularité de son pays, et il finit peu à peu à ressembler de plus en plus aux autres...
Je pense aux puestos, vendeurs de jus, joueurs de musique, clowns, qui peuplent et animent les rues, qui donnent aux rues de México leur vie, leur particularité et leur charme - et je me demande : jusqu'à quand?
Pourtant, je sais bien que la société méxicaine est injuste et que partie de ce "charme" que je mentionne ici est souvent aussi la conséquence des grands déséquilibres et inégalités du système socio-économique du pays.
Peut-être que la capacité d'une société à "bien se moderniser" réside dans sa capacité à permettre à ses habitants de "vivre mieux", non en imitant un modèke venu d'ailleurs, mais en construisant le sien, c'est à dire un modèle qui puisse respecter ce qui fait les particularités (et donc le charme) de sa société? Et même lorsque ces traditions ou particularités ne vont pas dans le même sens que la "modernité" (et souvent le profit) tel qu'il est défini par le voisin? Cette combinaison est-elle vraiement possible? Et si ce l'était, encore faudrait-il qu'elle soit voulue par ceux qui gouvernent et qui contrôlent le pays...
Les peseros ont été remplacés par des bus sur la grande avenue de Reforma: modernes, propres, confortables, bien moins polluants, bien plus sûrs. Il y a des arrêts bien définis et les chauffeurs sont mieux payés, portent un uniforme. Que demander de plus? C'est bien, il n'y a rien à dire. En terme de modernité, on peut dire que, oui, c'est un vrai "progrès".
Et pourtant.. je me sens un peu comme si je pouvais être n'importe où, aux Etats-Unis ou en Europe... et je ne peux pas m'empêcher de déjà ressentir une nostalgie pour les peseros, qui me faisaient sentir à México plus qu'ailleurs. Leur musique reegetan-cumbia-ballades, les vale-vale (personnes qui crient pour faire monter les gens dans le pesero), les Jesus-Marie-et-autres-saints accrochés au-dessus du chauffeur; certes il n'y avait ni sécurité ni comfort ni propreté, mais il y a avait idéniablement un charme particulier. Le charme d'un monde imparfait et folklorique?
Mais alors, la modernité va-t-elle balayer peu à peu le charme de ce beau pays? et mon pays, la France, comment était-il "avant" la modernité, était-il plus attachant qu'il ne le saura jamais? Mais comment à la fois demander sécurité, comfort, propreté et garder le charme d'un monde imparfait? Une fois que l'on l'a "perfectionné", on regrette (mais c'est trop tard), ce qui faisait le charme de sa ville, de son pays. On l'enlève peu à peu, sans qu'on s'en rende compte, et on change ce qui fait les particularité de son pays, et il finit peu à peu à ressembler de plus en plus aux autres...
Je pense aux puestos, vendeurs de jus, joueurs de musique, clowns, qui peuplent et animent les rues, qui donnent aux rues de México leur vie, leur particularité et leur charme - et je me demande : jusqu'à quand?
Pourtant, je sais bien que la société méxicaine est injuste et que partie de ce "charme" que je mentionne ici est souvent aussi la conséquence des grands déséquilibres et inégalités du système socio-économique du pays.
Peut-être que la capacité d'une société à "bien se moderniser" réside dans sa capacité à permettre à ses habitants de "vivre mieux", non en imitant un modèke venu d'ailleurs, mais en construisant le sien, c'est à dire un modèle qui puisse respecter ce qui fait les particularités (et donc le charme) de sa société? Et même lorsque ces traditions ou particularités ne vont pas dans le même sens que la "modernité" (et souvent le profit) tel qu'il est défini par le voisin? Cette combinaison est-elle vraiement possible? Et si ce l'était, encore faudrait-il qu'elle soit voulue par ceux qui gouvernent et qui contrôlent le pays...
lundi 7 septembre 2009
Beauty au bureau....
Au bureau la mexicaine ne fait pas que travailler. Il suffit de se rendre aux toilettes entre 14h et 15h pour s'en rendre compte.
Avant d'aller déjeuner, petit tour aux toilettes pour se re-coiffer, se re-maquiller, se regarder tout simplement, au cas ou une petite mèche soit de travers par exemple! Ah, et puis papoter bien entendu.
Au retour: lavage de dents obligatoire (c'est là qu'on sait pourquoi ils disent que les français sont des dégeux...enfin à notre défense les autres européens font de même que je sache!), et puis bien sûr après les dents, c'est re- petit coup de gel, de peigne, de crayon, de rouge à lèvre, et toute la panoplie qui y passe, pour ressortir impécable pour une nouvelle journée.
Bref, si vous voulez tout savoir, oui je me lave les dents au bureau maintenant!
Avant d'aller déjeuner, petit tour aux toilettes pour se re-coiffer, se re-maquiller, se regarder tout simplement, au cas ou une petite mèche soit de travers par exemple! Ah, et puis papoter bien entendu.
Au retour: lavage de dents obligatoire (c'est là qu'on sait pourquoi ils disent que les français sont des dégeux...enfin à notre défense les autres européens font de même que je sache!), et puis bien sûr après les dents, c'est re- petit coup de gel, de peigne, de crayon, de rouge à lèvre, et toute la panoplie qui y passe, pour ressortir impécable pour une nouvelle journée.
Bref, si vous voulez tout savoir, oui je me lave les dents au bureau maintenant!
jeudi 16 juillet 2009
Deux mexicaines, deux mondes
Elle est sortie d'une superbe BMW blanche; d'un revers de main elle a abaissé ses grosses lunettes (Gucci?). Elle marche un peu comme un mannequin, sa taille 40 et son mètre soixante-dix (soit grande et mince pour ici). Grande chelevure brune lachée au vent, manicure impécable, jean serré et rondeurs "là ou il faut", petit sac assorti aux chaussures. Jeune, sûre d'elle, féminine à souhait, elle se dirige d'un pas assuré vers le distingué vendeur de glaces du coin de la rue.
Elle ne mesure pas plus d'un mètre cinquante, un peu forte, trapue, elle avance à petits pas. Sa chevelure couleur charbon, aux reflets bleuttés, est bien tirée en arrière en une natte serrée qui parcoure toute la hauteur de son dos. Elle porte un chemisier blanc traditionnel brodé de couleurs vives et une jupe noire à mi-mollets. Au bras, un grand panier de paille en guise de sac. Sa demarche est lente et le regard dirigé vers le sol, lui donnant une allure humble et timide, voire enfantine, elle qui est pourtant une femme mûre.
Je croise ces deux femmes à deux secondes d'intervalles, ces deux mondes, sur le même trottoire de México. Je souris et sais mieux pourquoi il m'est difficile de définir comment est la mexicaine "typique".jeudi 9 juillet 2009
Les bruits de la rue...
Le haut-parleur du vendeur de tamales,
Le chant des oiseaux,
Les klaxons,
Les piropos et siflements de ces messieurs,
Les enfants qui crient et rient à la sortie des classes,
La musique du taxi,
Et celle du puesto de tacos,
Et celle du magasin de sacs,
Et celle du vendeur de jus...,
Et le bruit de mes talons sur le trottoire.
Le chant des oiseaux,
Les klaxons,
Les piropos et siflements de ces messieurs,
Les enfants qui crient et rient à la sortie des classes,
La musique du taxi,
Et celle du puesto de tacos,
Et celle du magasin de sacs,
Et celle du vendeur de jus...,
Et le bruit de mes talons sur le trottoire.
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