mardi 10 mars 2009

Sarkozy à Mexico: "Honte nationale" titre le quotidien mexicain La Jornada

La semaine dernière la visite de Nicolas Sarkozy à México a fait la une des journaux quotidiens...malheureusement pas forcément comme la diplomatie française l'aurait souhaité (mais peut-être s'en fichent-ils? Ce qui compte c'est le journal de 20h sur TF1, non?). Ici en tous cas les médias et politiques crient au "scandale" à propose du "cas Cassez" (sans jeux de mots). Cette jeune femme française venue au Mexique et qui apparement s'était très bien (trop?) intégrée, puisqu'elle avait même un petit ami (un narco) et s'était mise à pratiquer le sport national du moment (le kidnapping)! Enfin apparement elle le faisait sans s'en rendre compte, ce qui est doublement incroyable, mais bon, on respectera sa volonté et son droit à clamer son innocence.
Pour revenir à nos moutons. La Jornada, quotidien mexicain reconnu, titre donc sans vergogne "Honte nationale". Honte pour la France? Point du tout. Pour l'éditorialiste c'est une honte pour le Mexique d'avoir accépté de discuter (négocier?) une décisison de la justice mexicaine, en mettant en place une commission bilatérale avec la France sur ce cas et d'envisager une extradition (qui impliquerait la possibilité d'annulation de la peine de 60 ans à laquelle elle a été condamnée). Honte pour le pays que de devoir renoncer à sa justice pour les bons vouloirs d'un pays tiers. Honte que le cas fasse l'objet de tellement de révisions et d'attentions quand au Mexique des centaines de prisonniers attendent leur tour pour clamer leur innocence. Honte d'une justice à deux vitesses, l'une pour les mexicains, l'autre pour les étrangers.
Il est bien dommage que ce soit la France qui mette ainsi en déséquilibre la justice d'un pays - non, malheureusement, pour venir dénoncer ses irrégularités ou ses dérives (notamment avec les assasinats de Cuidad Juaréz ou les crimes de soldats réstés impunis), mais uniquement pour faire déculpabiliser ses citoyens.
En tous cas, le président et sa dame avaient apparement besoin d'une préparation dans le luxe pour affronter tout ce périple: rien de moins qu'un week-end estimé à 50,000euros. Aux frais de qui? La question reste entière. De l'Etat mexicain? Celui-ci nie. Du milliardaire mexicain Roberto Hernandez? Mais pouirquoi et en échange de quoi? "Quién save" comment aiment dire les gens ici...chez nous aussi il semble que personne ne veuille vraiement savoir, et dans un autre registre, n'est pas aussi une "honte nationale"?

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