lundi 22 décembre 2008

La Posada...un pas vers Noël

Une posada? Dans l' Espagne de mon enfance la "posada" est une auberge, mais ici on me parle d'une fête. Une fête très mexicaine pour préparer et fêter la naissance du Christ, la fête de Noël dont on tend trop souvent chez nous à oublier l'origine. A Casa Alianza donc chaque maison fait sa "posada" et invite les autres centres. Je suis curieuse de voir à quoi cela ressemble...

Les Posadas commencent au cours du mois de Décembre et sont le mélange de traditions et divertissement. Au début de la fête on y rejoue tous ensemble une scène biblique: la recherche par José et Maria d’un hébergement pour la nuit, lors de leur déplacement à Bethléhem. Alors on revit cette scène en chantant. Les uns sont devant la maison, demandant l'hospitalité. Les autres sont dedans, ils deviendront bientôt les heureux hôtes de la nativité. D'un coté puis de l'autre de la porte, strophe par strophe, on demande accueil, on questionne, on se répond, on s' interpelle et finalement on s'entend. La porte s'ouvre enfin et les invités entrent dans un joyeux tumulte : la fête peut commencer !

Une fête avec de la musique - de la cumbia au rock en passant par le reggeaton, peu importe pourvu que l'on danse. Avec les traditionnels tamales, delicieux et bourratifs mets préparés dans des feuilles d'épis de maïs. Avec des dulces, les bonbons si chers aux enfants dont la grande majorité à goût de chili! Avec un savoureux punch chaud (non-alcoolisé) et du chocolat chaud.


Et puis il y a le moment tant attendu des piñatas: là par contre mes souvenirs d'enfance ne me trompent pas, on parle bien d'une immense poche remplie de bonbons,
petits jouets et autres friandises, que l'on hisse au dessus de la tête des enfants. Le but: qu'ils déchirent la poche faite de papier mâché pour faire tomber sur eux toutes ces gourmandises. A la mexicaine, la piñata se bat avec un grand bâton (je me souvenais enfant avoir tiré sur des ficelles...à la façon espagnole). La tradition ici remonte au temps de l'évangélisation des indigènes par les frères franciscains: la piñata (traditionnelle) a la forme d'une étoile colorée dont les 7 branches représentent les 7 péchés capitaux; tandis que la déferlante de friandises est le signe du salut pour ceux qui savent combattre ces vices. Ingénieux moyen de transmission d'idées! Les enfants passent donc, à tour de rôle, le bâton à la main, pour tenter de percer la piñata qui se balance au-dessus d'eux, tenue par une corde par deux adultes qui essayent de rendre la tâche plus difficile et amusante. On bande les yeux des plus grands. On fait tourner le candidat sur lui-même pour qu'il perde l'équilibre. On rit et puis, à chaque participant, on chante: "Dale, dale, daaaleeee..no pierdas el tiiiiino, porque si lo pieeeerdes, pierdes el camiiiiino. Ya le diste una, ya le diste dos, ya le diste tresy tu tiempo se acabó!" Et on passe au prochain... jusqu'à ce que soudain les premiers bonbons tombent, puis d'un coup un déluge de bonbons se déverse sur la foule des enfants qui se précipitent par terre pour attraper leur butin. On re-dansera un peu, mangera, rigolera et puis chacun repartira avec son petit paquet de bonbons supplémentaire, pour la route!

Après avoir raccompagné les enfants au foyer, sur le chemin pour rentrer chez moi, attirée par de la musique je prends une ruelle éclairée sur ma gauche: au fond, sur une petite place, il y a une fête, devant une jolie église coloniale. Les mères servent les fameux tamales et le chocolat, les pères tentent d'accrocher la piñata aux branches des arbres, les enfants courent partout, les vieux regardent assis sur les bancs, le tout sur un aire de cumbia. Au beau milieu de Mexico, ville surpeuplée, j'ai le sentiment de passer par la fête d'un tout petit village. Je ne saurais dire exactement pourquoi mais ça m'a rempli de joie.

Bel accompagnement, festif et joyeux, vers la fête de Noël. Beau mélange de tradition biblique et de divertissement moderne. Un beau cadeau mexicain de plus.

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